Philippe, enfant d'ambassadeur, est gardé par le couple Baines. Avec l'homme s'installe une complicité, Philippe étant fasciné par ses récits d'aventures. Mais avec la femme la relation est bien plus conflictuelle : celle-ci est sévère et atrabilaire. Elle ne supporte pas que Philippe s'occupe de McGregor, son seul ami. Car il faut dire que McGregor.... est un orvet.
Première désillusion est une collaboration de Carol Reed et de Graham Greene, d'après une nouvelle de ce dernier, juste avant donc Le troisième homme, dont Greene fera plus tard la novellisation. Il se présente comme un polar, vu par l'enfant, qui comprend bien moins que le spectateur se qui se joue réellement sous ses yeux. Ainsi découvre-t-il la relation entre Michèle Morgan et Ralph Richardson, mais n'y voit-il qu'une relation avunculaire.
Carol Reed installe déjà en partie l'ambiance qu'il reprendra dans Le troisième homme. Un soupçon de plan débullé traduisant le désarroi de l'enfant, et une échappée presque onirique dans une Londres fantasmatique alors que l'enfant fait une fugue.
Car l'intérêt de cette Première désillusion est bien ce regard à hauteur d'enfant, qui va découvrir que son monde n'était qu'illusion. Que les séduisants récits du majordome n'étaient jamais qu'imagination fertile. Il y a par exemple la très belle scène de la partie de cache-cache, où l'enfant ne comprend pas ce qu'il voit réellement, ce qui d'ailleurs instaure un suspens.
L'enquête elle-même est moins intéressante, malgré un personnage d'inspecteur plutôt réussi. Et la résolution, que la mise en scène laissait aisément prévoir par la place prédominante de ce que le spectateur sait être le fin mot de l'histoire dans le cadre, n'est pas vraiment passionnante.
Ce qui, finalement, n'est pas bien grave, puisque le sujet est ailleurs, comme on l'a dit plus haut. Et dans tout ça, si le petit Philippe n'a pas tellement grandi encore, il a du moins appris à ce méfier de ce que disent les adultes. Premier pas vers la découverte du monde par lui-même.