On se demande longtemps ce que Robert Altman veut signifier au long de ce rendez-vous de la mode parisienne où, entre deux défilés, le réalisateur met en scène les protagonistes -créateurs, mannequins, journalistes et photographes...- d'un milieu clinquant et frivole. La distance satirique du cinéaste équivaut à un ton neutre, sans relief, comme si, tel un reporter au cœur de l'action, il ne voulait porter aucun avis sur l'effervescence des défilés et sur les mœurs de leurs acteurs.
Une foule de personnages se presse devant la caméra, une foule éparpillée dans des scènes très courtes, à peine ébauchées et rappelant, sans en avoir l'efficacité narrative, la construction éclatée de "Short cuts", du même Altman. Julia Roberts et Tim Robbins, Jean Rochefort et Michel Blanc, pour ne citer qu'eux, composent des duos isolés, le plus souvent indépendants des autres ; ils apparaissent et disparaissent au gré d'un montage factice et vain. Les personnages sont indifférents, superficiels, sans qu'on sache vraiment s'ils reflètent le sentiment du cinéaste relativement à la mode. Pris sur le vif, ils ne sont ni amusants ni impertinents, constituant des types courants et pas même utiles à nous édifier sur l'envers du décor de la mode.
Le dénouement, insolite et provocant, convie les acteurs de la mode à plus de simplicité, à reconsidérer la beauté naturelle de la femme que la surenchère d'effets saugrenus tend à altérer. Tout ça pour ça, suis-je tenté de dire au terme de ce film aussi futile et tape-à-l'œil que le sujet qu'il aborde.