Comme dans son précédent film, Exit (2019), le réalisateur Lee Sang-geun s’amuse à brouiller les genres : après avoir mêlé le film-catastrophe à la comédie dans son premier, il tente de marier, cette fois, la comédie romantique… au film d’horreur. L’histoire suit un jeune homme au chômage paumé, qui tombe éperdument amoureux de sa nouvelle voisine. Mais si la jeune femme semble douce et charmante le jour, elle se transforme en véritable furie la nuit. Le jeune homme décide alors de veiller sur elle, au risque de sa propre vie (et réputation).
Si j’ai, pour ma part, quelques réserves quant à l’alchimie entre Im Yoon-ah et Ahn Boh-hyun, il est difficile de ne pas penser au classique My Sassy Girl et à ses nombreux ersatz, où — enfin — la femme menait la danse et faisait perdre pied (et tête) aux hommes. Société confucéenne et patriarcale oblige, le « démon » finira bien sûr par être dompté, après moult péripéties.
Mais contrairement au classique, Pretty Crazy manque de ce petit grain de folie et de talent qui auraient été nécessaires pour en faire un classique instantané. Il est dommage aussi, que le mélange des genres soit inabouti, le romantisme n’étant pas assez appuyé et l’horreur retombant parfois à plat.
A noter que le film, achevé depuis 2022, dormait depuis quelque temps dans les tiroirs des studios CJ, en attendant le moment propice pour sa sortie ; autant dire qu’ils ont complètement manqué leur coup en le programmant à la période, plutôt creuse, de la fin mai : malgré une campagne promotionnelle musclée, le film n’a rassemblé que 437 000 spectateurs et spectatrices, se plaçant (pour l’instant) à la 21ᵉ position du box-office national, ce qui a d’emblée enterré les quelques projets de suites qui étaient envisagés.
(Critique rapide rédigée à l’occasion du 20e FFCP 2025 à partir des posts de ma page FB HALLYUWOOD – LE CINEMA COREEN liée à mon livre éponyme (Ed. E/P/A) )