À titre personnel, j’ai énormément regardé de contenus autour de **To Catch a Predator**, Chris Hansen et plus globalement toutes ces émissions ou chaînes internet qui tournent autour du fait d’attraper des prédateurs.


Donc forcément, j’étais déjà très familier avec le sujet, avec Chris Hansen, avec son personnage et avec tout son côté très polarisant.


Et dès les premières images de **Primetime**, forcément, les attentes montent. La patine A24, Robert Pattinson qui semble encore une fois parti pour livrer une performance extraordinaire, Lance Oppenheim derrière la caméra… Très vite, beaucoup ont commencé à en parler comme d’un potentiel film de l’année.


Alors, film de l’année ?


### Les +


Je n’étais pas particulièrement familier avec le travail de Lance Oppenheim, et j’ai été très agréablement surpris par sa réalisation.


Il y a beaucoup d’idées. Beaucoup de couleurs. Beaucoup de façons différentes de mettre en scène des choses qui, racontées simplement, pourraient paraître assez banales. Ça ressemble forcément parfois à du A24, mais il y a quand même une vraie patte personnelle derrière et visuellement le film est souvent magnifique.


La bande originale fonctionne également très bien, particulièrement pendant les montages musicaux, où le travail est parfois phénoménal.


Et évidemment, **Robert Pattinson est extraordinaire**.


Je ne sais pas si *Primetime* sera suffisamment fort dans son ensemble pour l’emmener très loin dans la course à l’Oscar du meilleur acteur, mais sa performance, elle, est clairement du niveau. Même Chris Hansen, qui n’est visiblement pas le plus grand admirateur de ce film, a publiquement reconnu la qualité de la performance de Pattinson.


Et surtout, le film connaît son sujet.


Quand on est déjà familier avec *To Catch a Predator*, on n’a jamais vraiment l’impression de regarder quelqu’un découvrir le phénomène Wikipédia ouvert devant lui. Le scénario parle des prédateurs, des decoys, des gens qui travaillent dans l’ombre, de Hansen lui-même et de tout ce qui se joue autour de cette émission.


Le film donne au sujet la gravité nécessaire et réussit très souvent à le faire avec beaucoup de brio.


### Les -


Maintenant, peut-être que mon premier problème vient tout simplement de mes propres attentes.


On dit toujours qu’il ne faut pas aller voir un film avec trop d’attentes, et quand on te vend pendant plusieurs semaines **le potentiel film de l’année**, forcément, tu arrives avec quelque chose en tête.


Et pour moi, non : ce n’est pas le film de l’année.


C’est un très bon film. Par moments un excellent film. Mais pendant ses deux heures, il n’a jamais complètement réussi à m’attraper au point où je me dis : *OK, ce que je suis en train de regarder là, c’est vraiment spécial.*


Et paradoxalement, l’une des grandes qualités de Lance Oppenheim devient parfois un défaut : **il a énormément d’idées**.


Parfois peut-être trop.


À peine une idée de mise en scène installée, une nouvelle arrive. Une nouvelle patine, une nouvelle manière de raconter, un nouveau montage, une nouvelle proposition. Et personnellement, j’avais parfois à peine le temps de me connecter à ce qu’il venait de me proposer que le film était déjà parti ailleurs.


C’est particulièrement vrai avec les montages musicaux. Ils sont excellents individuellement, mais ils sont tellement nombreux qu’ils finissent presque par se marcher dessus. Et paradoxalement, plus le film en propose, moins chacun paraît mémorable.


Même problème avec l’écriture des personnages.


Alors que je connais le sujet, que Chris Hansen m’intéresse et que j’ai consommé énormément de contenus autour de cet univers, je ne me suis jamais vraiment senti concerné par sa situation personnelle.


Sa famille est là. Ses problèmes sont là. Le réalisateur essaye réellement de les mettre en scène. Mais il manque quelque chose.


Et c’est difficile de mettre exactement le mot dessus : je ne me suis jamais retrouvé totalement happé par la gravité de sa situation ou par celle des événements alors que, justement, le fait qu’ils soient inspirés de faits réels devrait rendre certaines choses encore plus dérangeantes.


J’ai aussi l’impression que le film veut explorer tellement d’angles qu’il finit parfois par les sous-exploiter tous un peu.


Les backstories des prédateurs auraient pu être davantage développées. La vie personnelle de Chris Hansen aussi. Les enjeux autour de sa productrice aussi.


Tout est là, tout est intéressant, mais rien n’atteint vraiment le niveau où tu te dis : **ça, le film l’a complètement exploité jusqu’au bout.**


### Bilan


Ça reste un **très bon film**, porté par une performance délicieuse de Robert Pattinson, une réalisation extrêmement ambitieuse et cette patine A24 qui fait toujours son petit effet.


La séance est clairement un bon moment.


Mais pas un grand moment.


Et c’est probablement ce qui m’empêche aujourd’hui de voir **Primetime** comme le classique absolu ou le film générationnel qu’on nous promettait presque avant même sa sortie.


Une vraie proposition, parfois brillante, toujours intéressante et clairement à regarder.


Mais le film de l’année ? Pour moi, non.


ismmoviemaker
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Écrit par

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le 23 sept. 2026

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