Loft Story date a débuté en 2001 en France, tandis que To catch a Predator a démarré trois ans plus tard outre-Atlantique. Les deux n'ont rien à voir ? Voire. Ces émissions exprimaient la même intention de faire du spectacle et d'accrocher une audience maximale, quitte à manipuler ou susciter les faits. Mais bon, l'émission américaine, avec sa volonté de dépasser et de remplacer la justice était plus nauséabond, largement. C'était alors une autre époque quand les réseaux sociaux balbutiaient encore et que la télévision restait toute-puissante. Le film est un produit A24 et cela se voit (trop) ? La stylisation extrême des images et la recherche d'angles particuliers et nombreux marquent un récit volontairement malaisant où l'on suggère peu ou prou que les responsables de ce programme trash ne valaient guère mieux que les prédateurs qu'ils traquaient. En gros, sans autre but pour les uns et pour les autres de sortir la proie hors de l'ombre. Quand la forme ne prend pas le pas sur le fond, Primetime se révèle plutôt efficace avec un personnage central, joué par un Robert Pattinson visqueux, fascinant par son côté obsessionnel. Cependant, le film digresse trop souvent, offrant peu d'humanité et même une sorte d'ambigüité pour le mal, avec des accents voyeuristes déplaisants.