Vous avez peut-être comme moi perdu de vue Mila Jovovitch au tournant des années 2010 après un énième Resident Evil anémié. Je la retrouve, quelques années en plus - et assumer un visage plus marqué marche pas mal. L'argument est léger : sa fille disparait, enlevée par un gang de trafiquants d'être humains. Elle est une ancienne militaire d'élite et ils vont tous prendre cher pendant 1h30. Alors que les cadavres s'amoncèlent, la police la suit sans avoir une chance de la rattraper, et l'armée incarnée par un Mathew Modine en service minimum pour éclairer le spectateur qui se serait assoupi.
Le reste du temps, c'est un jeu de massacre à la manière de Rambo : last blood qui partage le même réalisateur, pas si mal ficelé mais pas franchement mis en scène, au point de lorgner du côté des bons vieux DTV qu'on oublie rapidement.
Le propos du film est militant : dénoncer la traite des êtres humains, et singulièrement des jeunes filles qui finissent dans les réseaux de prostitution. Mais le choix d'inventer des sortes d'organisations criminelles toutes puissantes et corruptrices est aussi inepte narrativement que politiquement. c'est juste le moyen pratique de dénoncer une impuissance de la police et de la justice à poursuivre et condamner des criminels. Cela autorise toutes les dérives cinématographiques de vigilantes les plus discutables, alors que le débat semblait réglé depuis quelques pénibles films du duo Winner / Bronson.
Le twist final est franchement absurde mais sert la cause : il faut que Cloé soit morte pour justifier tout le bain de sang. Un effort pour rendre le film moins inconséquent mais c'est raté.