Intéressant petit exercice de style, reproduisant l'original d'Hitchcock plan par plan au point qu'on se croirait devant une remastérisation en couleurs à laquelle auraient été ajoutées des sons inédits et de rares scènes initialement coupées au montage et qui auraient dû le demeurer.
Quelques insistances sur les volatiles et un plan final en clin d'oeil aux Oiseaux, un Dany Elfman à la réorchestration d'Herrmann qui cherche à rappeler qu'il est là par l'insertion subtile de l'Indian Call of Love utilisé deux ans plutôt dans Mars Attacks. Mais aussi le walkman de Juliane Moore caution d'innovation et l'inutile quoique suggéré onanisme de Norman Bates lorsqu'il observe Marion se déshabiller ...
Si certains sont bons en pastiche ou en réappropriation, Vince Vaughn compose un Norman bien trop antipathique, une fois Marion assassinée, qui nous fait regretter le plus trouble, double et en apparence naïf et craintif Norman d'Anthony Perkins.
Innovation marquante: les inserts dans les scènes de meurtres, à la lisière du subliminal, qui donne un sentiment d'étrangeté qui divisera les spectateurs.
En sorte que, ce Psychose de Gus Van Sant est un remake destiné à ceux que le noir et blanc rebute, un jeu des 7 différences destiné à ceux qui connaissent l'œuvre originale; un plaisir coupable aussi bon que nul, aussi intéressant qu'inutile, d'où son 5 baccarat.
Une bande-annonce de luxe pour guider vers le chef-d'œuvre de 1960, qu'on l'ait vu ou qu'on hésite à le revoir.