Le pitch avait pourtant de quoi faire : un tueur sataniste qui massacre tout ce qui bouge, une policière enceinte dont le mari a été assassiné, une traque obsessionnelle contre l’avis d’un FBI arrogant. Très bien. Sur le papier, ça sent le duel psychologique tendu, la course contre la montre, le face-à-face entre foi délirante et raison fragile.
Dans les faits ? C’est Inspecteur Gadget qui rencontre le Da Vinci Code version rayon ésotérisme de supermarché.
L’héroïne retrouve le tueur comme on fait un exposé de collège : deux bouquins sur le satanisme, une intuition sortie de nulle part sur la route qu'il va suivre et surtout, une bibliothèque cambriolée (pratique) et “tiens, il a lu CE livre donc il va faire ÇA”. Résultat : elle ne traque pas un tueur… elle résout un escape game mal conçu. Et pendant ce temps-là, le FBI fait de la figuration.
Mais pas de la figuration classe, non. De la figuration niveau “on a oublié d’écrire leurs scènes”.
Le plus gros problème reste la tension. Ou plutôt : son absence totale.
On est dans une course-poursuite où : le tueur est toujours ailleurs, l’héroïne arrive toujours après et personne ne semble vraiment pressé. À aucun moment tu te dis : “elle est en danger”.
Et le sataniste, certains diront qu'il est trop mystérieux pour être compris, d'autres diront qu'il surtout mal écrit. Le gore, si c'est juste pour en faire gratuitement, à la fin, on finit par en être anesthésié.
Et puis arrive le chef-d’œuvre absolu : la centrale nucléaire. Il veut tuer plein de gens car Satan lui ordonne de le faire.
Le mec enlève un ingénieur du nucléaire pour lui dire :
“Fais exploser la centrale ou je te tue toi et ta femme.”
Alors… comment dire…
Si la centrale explose… l’ingénieur meurt... Tu veux sauver ta vie, celle de ta famille et tu fais exploser une centrale nucléaire.... Parce qu'un sataniste qui tue plein de gens te l'ordonne... Je pense qu'il vaut mieux que je m'arrète la.