Psycho Killer
4.6
Psycho Killer

Film de Gavin Polone (2026)

Un petit revival du film de taré homicide inspiré des années 90, ça vous tente ? Ce "psycho killer" à la mode 2026 est presque pour vous.

Mais pourquoi dites-vous "presque" ma petite dame ?

Ben, parce que la mise en scène est bien présente avec des décors et des prises de vues qui rappellent très (trop) fortement ses glorieux aînés. Oui, c'est vraiment bien gaulé même si rarement inquiétant. Oui, le meurtrier est joliment représenté avec son look oscillant entre les rockeurs de "Slipknot" (pour le masque qu'il ne quitte JAMAIS, même pour rentrer dans sa chambre d'hôtel) et ceux de "Fields of Nephilim" pour les imper ainsi que les cheveux longs et gras. Oui, il y a du gore un peu poussif en mode CGI bien pourri. Mais c'est bien de s'inspirer : encore faut-il apporter un minimum de valeur ajoutée. Or ici, c'est plutôt le suivisme qui sert de base à l'histoire.


En effet, l'enquête avance grâce à des ficelles scénaristiques épaisses comme des câbles sous-marins : 180 km d'autoroute et 25 sorties possibles, mais la Clarice Starling du pauvre s'accroche comme un arapède à son rocher malgré son état. Pour cela, elle utilise beaucoup sont téléphone et les sites de death métal ou donne des descriptions basiques (il est blanc, grand, seul et baraqué) aux éventuels témoins. Et là putain, bingo ! Ses recherches au pifomètre géant vont s'avérer payantes. C'est carrément trop fort. Mais la Madame n'est pas très patiente et veut se farcir toute seule la marmule qui n'a toujours pas quitté son masque "Fall out". Dommage pour elle car malgré quelques tatanes dans les burnes ou des gnons à la mode "Scream", l'ordure parvient tranquillement à se tirer en plein milieu du film.


On a donc évidemment droit à l'incontournable couloir caractéristique des films qui ont oublié le mot inspiration. Pas forcément du bla-bla cette fois, mais une enquête qui progresse à pas de géants grâce à un flair et un sens de la déduction surhumains chez la flicarde.


On bascule alors vers un genre de "Da Vinci code" (tout aussi bavard et inepte) avec secte mystérieuse et objectifs sataniques. Le soupçon d'intérêt que l'on avait pu ressentir pour la traque disparaît alors à jamais dans les limbes du nanar de fond de tiroir. Le film peut donc s'achever dans le "portnawak" le plus total avec une cible tombée là bien opportunément et par les accusations habituelles sur la musique "heavy metal".


Dommage, car Gavin Polone n'avait pas l'air d'un manchot adepte de tous les procédés tremblotants à la mode depuis quelques années. Sa réalisation, classique et fluide, méritait simplement un peu plus d'originalité, de gnaque et surtout de scénario. Il ne reste au final qu'un machin pas trop moche, mais tellement vide d'enjeux, de suspense et même de tout qu'il est aussitôt oublié.

Vieuk
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le 1 juin 2026

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