Sorti en 2019, le film a un côté très vintage qui pouvait séduire. C'est une macédoine de plusieurs grands thèmes des slasher's stories. Le titre aurait d'ailleurs dû être Muppet Killer, car la poupée tueuse est, cette fois, un personnage du Muppet Show, Telly Monster, l'obsédé de la télé, ce qui tombe bien, car l'histoire commence par un culte addictif aux films d'horreur en cassettes VHS. La maman de Jamie, depuis qu'il est bébé, tient à regarder un de ces films en guise de film de Noël, malgré les objections du père : "Un bon film d'horreur ne peut jamais faire de mal !" assure-t-elle. Pas au bambin, sans doute, mais on va voir que cela aura des effets sur le développement mental de Simon, la peluche fuchsia qui va s'avaler, lui aussi, sa dose de Noëls sanglants.
Voilà que la douce maman meurt, et est vite remplacée par une marâtre aigre et inflexible, qui trouve morbide ces VHS, posters, goodies voués aux massacres en série et entreprend de tout jeter. Même Simon la peluche, ce qui n'est pas une bonne idée. Si la belle-mère s'était un peu intéressée au genre, elle aurait vu dans Dolls qu'il n'est jamais sensé de jeter le jouet fétiche d'un petit enfant innocent et très très fâché.Le prologue au film est donc bon, très bon, avec ce charme des Noëls noirs, tellement plus vivifiants que les sirupeux feel-goods des contes de Noël. Mais quand on atterrit, dix ans plus tard, devant un Jamie de 17 ans, on se demande ce qui a pris à Lisa Ovies quand elle a choisi ses acteurs. La plupart du temps, les lycéens sont joués par de jeunes adultes ayant dépassé la vingtaine, voire abordant la trentaine, mais avec un bon maquillage, ça passe. Là, Aleks Paunovic qui joue un Jamie de 17 ans, fait un drôle d'effet. Son père fait plus jeune que lui (d'ailleurs l'acteur qui joue Robert a effectivement 5 ans de moins que Paunovic). D'autant qu'il la joue encore plus enfantin qu'un ado de 17 ans, ce qui lui donne une allure d'attardé mental, quand il pleurniche sur son jouet : "Si…moon… Where is Simoooon?", sur le ton de Zhang Zhi courant après son peigne dans Tigre et Dragon. Il a finalement un air de Lenny dans Des souris et des hommes, ce qui aurait pu faire un personnage, mais pas celui du petit copain de Jessie (Lisa Durupt, 38 ans en 2019). Les autres acteurs, surtout Lee Madjoub, et Richard Harmon, s'en sortent mieux, même s'ils ont plus l'air d'étudiants de campus, comme dans Scream 2, 3, 4… que de lycéens qui n'ont pas encore vu leur bal de prom.
Bref, une équipe aussi fraiche que Les Bronzés III part en week-end de Noël, dans la maison où la belle-mère de Jamie a disparu, et là, surprise, Simon attend son meilleur ami pour s'amuser, comme "au bon vieux temps".
Il y a quelques bons gags, des éclats de rire, mais qui sont la resucée ou les lieux communs du genre. Il est regrettable que les personnages des jumelles maléfiques soient si peu creusés (jamais on ne va ouvrir le coffre de leur voiture apparemment). Maintenant, on ne peut pas dire que l'intrigue soit très haletante, c'est l'abattage sans surprise de tous les protagonistes sauf un, Then There Were One, mais cela pouvait faire passer un bon moment comique pour un après-midi de farniente. Comme le casting fait penser à une bande de vieux potes qui s'amusent à jouer les ados débiles, obsédés et bientôt découpés en tranches, on peut s'en amuser ou s'y ennuyer. Pour ma part : "pas désastreux, mais vivement que ça finisse".