En Grande-Bretagne, Jim & Hilda, un couple de retraités, vivent paisiblement dans un cottage isolé en pleine campagne, lorsqu’ils apprennent à la radio qu’une nouvelle guerre se prépare…
On n’imagine pas un seul instant retrouver Jimmy T. Murakami aux commandes de ce film d’animation. On lui doit tout de même le space-opera Les Mercenaires de l'espace (1980), qui n’est rien d’autre qu’un nanar dont le seul intérêt pour son producteur (Roger Corman) était de surfer sur l'engouement du public pour Star Wars.
Quand souffle le vent (1986) est l’adaptation éponyme de la bande-dessinée de Raymond Briggs et nous entraîne au coeur d’un huis clos où pendant près de 85 minutes, toute l’intrigue va se dérouler dans la petite bicoque du couple. Une seule unité de lieu et de temps, avec uniquement deux protagonistes qui se préparent à l’inéluctable avec un tel détachement que l’on finit rapidement par comprendre que, de la guerre nucléaire, ils n’y connaissent rien et qu’ils vont en subir les conséquences sans trop s’en rendre compte.
En effet, ces derniers restent confiant envers leur gouvernement (qui avait jusque-là gagné deux conflits mondiaux), ne s’attendant pas à vivre de plein fouet les effets de la radiation. Pensant être à l’abri en suivant les instructions fournies par le gouvernement, on suit pas à pas leur lente agonie, ressentant au fil des minutes et des heures qui s’écoulent les premiers effets de la radioactivité. Le film y dépeint avec réalisme l’atrocité de la situation dans laquelle se retrouvent les protagonistes, avec ce flegme britannique immuable qui les anime et l’absurdité de cette guerre et de l'armement nucléaire.
La mise en scène est soignée, alternant habillement l’animation et les prises de vues réelles. Le tout, magnifié par une B.O. composée (en partie) par David Bowie et Roger Waters (des Pink Floyd). Difficile de ne pas faire de lien avec La Bombe (1966) de Peter Watkins ou le téléfilm Threads (1984) de Mick Jackson.
Près de 40 ans plus tard, ce film hyper-réaliste a encore un fort impact et n’a absolument rien perdu de sa vigueur.
(critique rédigée en 2012, actualisée en 2025)
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