<i>Quelques spoilers.</i>
Film de propagande curieux, et par moments saisissant, <i>Went the Day Well</i> vaut surtout pour la façon dont la peinture amusée et typique des villages anglais se voit progressivement investie de scènes réellement violentes, macabres, voire lugubres une fois qu’arrive la nuit. On dirait <i>Whisky à gogo</i> (Mackendrick) qui perdrait peu à peu sa carapace comique, comme traversé par un cauchemar réaliste... La façon dont la mort arrive par à-coups dans ce tableau ludique, à mesure que les décors du quotidien (église, manoir) deviennent autant de lieux de combats, donne au film un caractère déstabilisant, quoiqu’intermittent, qui en fait une réelle curiosité dans le tableau décidément très multiforme des cinémas de propagande. Sorti de cette originalité, le film de Cavalcanti n’est pas toujours assez rigoureux pour convaincre : incrédibilité du scénario (les allemands à l’église n’entendent pas les grenades qui explosent non loin, on se protège des balles en se cachant derrière les bosquets...), caractère brouillon des scènes de guerre au style anonyme, absence d’une situation initiale ou conclusive qui permettrait aux personnages d’exister par-delà leur mésaventure (quoique cette sécheresse fait aussi la singularité du film). Mais <i>Went the Day Well</i> reste un drame surprenant (jusque dans la violence des villageois, qui n’a rien à envier à celle de leurs ennemis), confirmant toute la bonne santé du cinéma anglais des années 40.
(<a target='_blank' rel='noopener noreferrer' href="https://www.underthedeepdeepsea.com/notes-films-vus-19/">source</a>)