Quel plaisir d'avoir revu hier soir sur grand écran mon Chabrol préféré !
Un jeune garçon blond remonte de la plage vers le village, une voiture roule vite sur la petite route qui va traverser le village, les cloches de l'église sonnent...comme un tocsin,
et c'est le début du film.
La première fois que je l'ai vu gamin à la télé, j'ai tout de suite été bouleversé par l'histoire de ce père qui cherche, pour l'éliminer, le chauffard qui a tué son fils sur une route de Bretagne.
Cet homme, écrivain joué par Michel Duchaussoy, est devenu mon héros.
Bien sûr ce n'est pas si simple mais j'avais une dizaine d'années.
Mais finalement je crois que j'avais raison car ce personnage est évidemment plus complexe, ce n'est pas un Zorro sans tâche et sans défaut. Ses doutes et ses questions ne remettent jamais en cause sa détermination à faire justice, sa justice que nous faisons notre tellement l'autre, interprété par Jean Yanne, est un enfoiré de première.
Tout sonne juste, sonne vrai, même si tout semble aller plus vite que possible.
Mais le héros le dit "le hasard il n'y a que cela qui existe". Et en l’occurrence le hasard fait ici bien les choses.
Pas que le hasard bien entendu, mais surtout la mise en scène au scalpel de Chabrol et les dialogues justes et cruels de Gégauff.
La musique, l'image, tout concourt à la réussite complète du film.
Michel Duchaussoy est là dans son plus grand rôle, il y est magistral.
Et Jean Yanne était le seul à pouvoir être cette bête qu'on souhaite voir disparaître.
50 ans après ma première vision, je suis toujours bouleversé.
Chef d’œuvre !