Les années 60 … quelle étrange période. La jeune Caroline Cellier était dans la voiture avec son immonde beau-frère lors de l’accident tuant un jeune enfant ; son père, incarné par le toujours juste Michel Dussauchoy enquête, bien déterminé à tuer le coupable de l’infect accident, l’invitant chez lui pour la questionner, celle-ci, cherchant des cigarettes dans la chambre du père, revient avec un ourson appartenant à l’enfant assassiné. Le père pète les plombs, le ton monte, il distribue deux immenses mandales à la jeune femme qui, le retrouvant sur le sofa de son baise en ville, présente ses excuses. Après un tour de passe-passe, le justicier se fait inviter dans l’antre de l’ignoble garagiste. Après quarante-cinq minutes de métrage, l’arrivée de Jean Yann va pousser les murs, débarquant en éructant, infect, dictateur sous son toit, il créé le malaise dès la première bouchée à table à réprimer le ragout de son épouse devant tout le monde puis à réciter à haute voix une poésie écrite par celle-ci. Évidemment, ce n’est pas d’une immense finesse, les ficelles sont énormes, sans doute de tels cons ont-ils existé. Chabrol n’a pas toujours été d’une intense délicatesse, que la bête meure distille un malaise palpable en mettant en opposition ce père meurtri face à une enflure de première. Idéalement il eut été pas con de justement opposer ce même père face à un bon type, non ici Yann en fait des caisses en sur jouant le mari abject, le père tortionnaire, le baiseur possessif, le gars con à en chialer des larmes de rasoirs.
Sinon années 60 oblige, les gamins sont maltraités, giflés, humiliés. Depuis quelques années on conspue le retour à une certaine équité, reste à déterminer les exactions d’une certaine époque par rapport à la nôtre. C’était mieux avant ? Non, pas vraiment. Reste que le film est très lisible même si la patine a considérablement vieillie; je ne pense pas foncièrement apprécier ce Chabrol pourtant très connu; le jeu outrancier de Yann en est éventuellement la cause.