Un film aussi singulier que marquant, entre drame social et folk horror, qui rappelle le cinéma fantastique symboliste polonais des années 70 et 80 dans sa mise en scène, sa photo et son déroulé narratif.
Mais il y a aussi des références évidentes à L'Exorciste, Carrie, ainsi que d'autres films ayant pour thème la sorcellerie et la possession comme allégorie de la pression sociale et religieuse sur un personnage féminin.
C'est le premier long métrage de la réalisatrice et sa gestation est intéressante :
À l'origine de Que ma volonté soit faite, Julia Kowalski souhaitait réaliser un documentaire sur la pratique de l'exorcisme encore très présente en Pologne. Au cours des repérages, elle voit son projet être stoppé par la hiérarchie ecclésiastique qui refuse le tournage. La cinéaste décide alors de mêler fiction et documentaire. Elle détaille : « J’ai toujours considéré la réalité plus terrifiante que la fiction. Le film est devenu plus acéré. Je le vois maintenant comme un coup de feu tiré dans la nuit, quelque chose qui va droit au but. Ce qui rejoint mon intention de départ.
Du coup, elle s'est retrouvée à tourner dans la bousie française, avec un mélange d'acteurs polonais et français et une production franco-polonaise.
La jeune Nawojka, qui vit avec son père et ses frères dans la ferme familiale, cache un terrible secret : un pouvoir monstrueux, qu'elle pense hérité de sa défunte mère, s'éveille chaque fois qu'elle éprouve du désir. Lorsque Sandra, une femme libre et sulfureuse originaire du coin, revient au village, Nawojka est fascinée et ses pouvoirs se manifestent sans qu'elle ne puisse plus rien contrôler.
Ca décape bien, le symbolisme est habilement utilisé, ce n'est ni gore, ni réellement horrifique, mais souvent bien cracra et ça va jusqu'au bout de son propos sans hésitation, bien que ça reste aussi un drame naturaliste.
La photo est magnifique et c'est très maîtrisé pour un premier long métrage. Beaucoup ont jugé que c'était le film le plus marquant de la quinzaine des cinéastes de Cannes 2025.