En termes de figuration et de décors, les producteurs de "Quo Vadis" ont vu grand et on retrouvera dans le péplum de Mervyn LeRoy toute la flamboyance hollywoodienne et le clinquant inégalable des superproductions américaines.
Le contenu est en revanche moins brillant, où la mise en scène et la thématique supportent tous les clichés et les stéréotypes du péplum (à moins de considérer qu'elles contribuent à les inventer). Que d'emphase et de poses tragiques dans ce film qui oppose la jeune communauté chrétienne et son bel idéalisme aux mœurs païennes de Rome incarnées par le despotique Néron, paranoïaque, puéril et, à ses heures, poète incendiaire comme on sait.
Mervyn LeRoy récite son péplum sans originalité ni point de vue personnel. Dans ces conditions, le scénario, à, aucun moment, ne prend d'envergure dramatique.
Robert Taylor est le héros ambivalent de ce mélo hors d'âge, ce soldat romain sarcastique et réticent -jusque quand? - au concept chrétien. A ses côtés, Deborah Kerr agace par ses mines béates et pieuses. Peter Ustinov, dans le rôle de Néron, s'en sort mieux grâce au type de "méchant" peu ordinaire qu'il interprète.
Tous ces sentiments et pensées rudimentaires ont eu raison de ma patience. La dernière partie du film, dans les arènes de Rome, touche au grotesque avec sa désuète iconographie du chrétien sacrifié.