Rien que le titre « Razzia sur la chnouf » annonce la couleur : un polar bien franchouillard 100% d’époque garanti pur porc avec son argo gouaillant et son ambiance de film noir, de rues sordides et de bistrots à la bonne franquette. Gabin est bien évidemment comme un poisson dans l’eau, ruisselant de charisme et volontiers brutal lorsqu’il s’agit de remettre de l’ordre dans le réseau…
Ventura pour sa part fait comme de coutume (à cette époque) l’homme de main bourrin et borné, exécuteur des basses besognes et Magali Noël fait la jolie pépée de service à disposition du dabe « Henri le Nantais » qui resserre les boulons…
L’impression laissée est souvent celle d’un quasi-documentaire démontant et exposant les rouages du trafic : une bonne intention en général maladroitement exploitée et qui traîne trop en longueurs. On ne voit que trop rarement le point de vue de la maison poulaga et si le scénario ne nous réservait une surprise, on s’endormirait presque !…
En raison de la routine installée par le film, la surprise n’en est que plus grande et si l’on avait des doutes -tout de même- on n’en était pas sûr, car comme tout un chacun n’est pas sans l’ignorer, un quart d’heure avant de mourir, Napoléon était encore en vie.
Le film repose beaucoup sur les épaules de Gabin, vraiment impérial ici : on ne peut que regretter alors cette histoire bien mal développée et trop mollassonne. L’ambiance le sauve (presque) malgré tout, comme ce passage où Ventura et Gabin font une pause de pâté et de gros rouge : dans le milieu de la pègre, on n’avait jamais vu ça…