Rebuilding sort le même jour que le nouvel Avatar. Une contre-programmation risquée, qui peut s'avérer payante, parfois, mais on ne parierait là-dessus, cette fois-ci. À l'instar du blockbuster de James Cameron, il s'agit là encore de feu et de cendres, après l'incendie qui a fait tout perdre à un cow-boy taiseux dont le ranch a été calciné en même temps que ses illusions. Ce héros solitaire et mélancolique, encore en phase de deuil, trouvera-t-il les chemins de la résilience, excusez l'emploi de ce terme mis à toutes les sauces, et parlons plutôt de reconstruction pour coller au titre du deuxième long métrage de Max Walker-Silverman ? C'est tout l'enjeu d'un récit dans lequel les humains ne sont que poussière dans des paysages somptueux, mais impitoyables. Ce western modeste contourne les clichés du cinéma américain indépendant, y compris sur les laissés-pour-compte du rêve américain, par la qualité de son écriture et une modestie qui n'est pas feinte. L'histoire est toute simple, à base de solidarité et de paternité, suscitant une émotion qui n'a rien d'artificiel. Josh O'Connor, l'acteur du moment, est à son affaire et traîne joliment son spleen, aux côtés d'interprètes d'une grande justesse, parmi lesquels il est évident de sortir du lot Lily LaTorre, fillette lumineuse qui exprime des sentiments profonds avec un naturel stupéfiant qui exclut toute minauderie.