Il y a des films doux comme un caresse. Qui vous enchante de la première à la dernière minute. Des œuvres dont les images vous régalent les yeux. Et qui vous réchauffe le cœur. Des films qui font du bien en somme. « Rebuilding » est indubitablement de ceux-là. Ici, on dresse le portrait d’une certaine Amérique profonde avec empathie. Pas celle des rednecks ou des MAGA (pas de politique ici) mais l’Amérique rurale et de la terre, celle des petites gens qui s’entraident. On fait aussi le portrait d’un homme du cru qui a tout perdu à cause d’incendies qui ont ravagé ses terres, le film se faisant aussi lointainement le parangon d’une certaine crise climatique. Et le résultat est une chronique douce et belle qui nous emporte par ses belles images, les émotions qu’elle procure et son rythme nonchalant.
Alors oui, « Rebuilding » n’est pas à proprement parler un chef-d’œuvre ni même un grand film mais c’est vraiment un joli petit long-métrage humble et pétri d’humanité. Qui fait du bien. On sort de la salle avec du baume au cœur et avec l’impression de retrouver foi en notre monde. En ces temps troublés ce n’est pas rien. Il n’y a pas vraiment d’intrigue ou de fil conducteur ici, on est davantage au sein d’une chronique qui prend le temps de montrer comment un homme va repartir à zéro. Et se reconstruire donc. Aussi bien lui que ce qu’il a perdu. Tout est apaisé ici. De sa relation avec son ex-femme à celle avec ses nouveaux voisins de fortune, eux aussi ayant perdu leurs terres. On pense d’ailleurs un peu au multi-primé « Nomadland » dans la peinture de ses nouveaux nomades en plein désert mais en moins poétique.
La musique country douce baigne agréablement « Rebuilding » comme ses magnifiques paysages de l’Ouest sauvage irradient notre regard. Max Walker-Silverman filme ses décors naturels avec un l’œil d’un amoureux de ces terres. La photographie confine au sublime et on dirait qu’il a su capter la meilleure lumière pour magnifier ces terres désertiques, entre coucher du soleil somptueux et plafond d’orages effervescent. C’est un perpétuel plaisir pour nos yeux ébahis. Et le film est plutôt court en ayant le bon goût de ne pas verser dans l’excès de contemplatif et les moments poseurs. C’est lent mais jamais ennuyant, toujours charmant. En filmant une accumulation de petits riens et de gestes d’entraide, le film nous nourrit le cœur. À bien des égards, il se révèle déchirant mais sans jamais forcer le trait. On pourrait même dire qu’on n’a rien à lui reprocher, c’est beau tout simplement en plus de nous redonner foi et de favoriser l’empathie. Et rien que cela, c’est un sacré accomplissement.
Plus de critiques cinéma sur ma page Facebook Ciné Ma Passion.