Du duo Hélène Cattet / Bruno Forzani, je n'avais vu que "L'Étrange couleur des larmes de ton corps" et je n'avais pas vraiment aimé mais j'ai voulu donner une seconde chance aux deux réalisateurs et le constat est toujours le même. Esthétiquement, le film est une véritable claque mais alors qu'est-ce que c'est bordélique ou alors super ennuyant.
Nous suivons ici un ancien espion rattrapé par ses démons du passé lorsqu'il croise le regard de sa voisine de chambre. Bon, je résume ça assez grossièrement car le film est bien plus que ça. Bien trop même.
En réalité, sur le fond, le scénario est super intéressant, c'est rempli de symboliques, l'histoire et ce qu'elle cherche à raconter est passionnante
(notamment le fait de se raccrocher désespéramment à un personnage, de perdre pied avec la réalité, de vivre à la fois dans une fiction et dans une gloire passée, de voir son propre remplaçant arriver sur grand écran, comme les acteurs ayant incarnés "James Bond" et bien d'autres thématiques)
mais alors, c'est globalement une expérience fort désagréable.
Le film fatigue du début à la fin, on a qu'une envie, c'est de voir arriver le générique tellement tout est foutraque, tout part dans les sens, rien n'est linéaire et j'aime bien ce genre de film, seulement ici, c'est trop ! C'est comme si nous avions un puzzle qui prend forme à la fin mais dont la première heure (voire plus, sur 87 minutes, ça fait beaucoup quand même) nous balance des pièces un peu au pif pour mieux perdre son spectateur.
Et de côté-là, c'est réussi, on se demande bien souvent ce qu'on regarde sinon un gros délire psychédélique rendant un hommage aux films d'espionnage des années 60 et notamment aux "James Bond" bien-sûr (on a même un pastiche du générique type qui fonctionne particulièrement bien). Car oui, si les deux réalisateurs apprécient beaucoup le giallo et le cinéma italien de manière générale (le film en est d'ailleurs encore truffé de références musicales), le genre partage donc cette fois l'affiche avec un autre genre, tout aussi kitsch à son époque.
Et là-dessus, la mise en scène se fait plaisir. Ça peut d'ailleurs avoir cet effet prouveur par moments tellement tout est exagéré et riche (chaque plan est une nouvelle idée saugrenue) mais pour le coup, c'est la marque de fabrique des réalisateurs et puis les giallo étaient tout aussi inventifs dans leur mise en scène.
"Reflet dans un diamant mort" a donc été une expérience paradoxale, j'en ressors mitigé, ayant à la fois détesté mais également adoré en particulier pour sa mise en scène !