Reflet dans un diamant mort, c’est une expérience sensorielle, un film qui privilégie clairement les sensations à la narration. Cattet & Forzani plongent dans une esthétique ultra-stylisée : grain épais, couleurs pop, psychédélisme, et une ambiance d’espionnage qui rappelle les années 60–70, jusqu’au générique du début comme un James Bond, que j’ai adoré. Visuellement, c’est un déluge d’idées, de trouvailles et d’effets : SFX, VFX, tout y passe, partout.
Je veux vraiment insister là-dessus : le travail sur les couleurs, les décors, le grain, l’ambiance instaurée, la photographie, la direction des comédien·ne·s, le ton des voix… On sent un vrai film d’équipe, où chaque département est mis en avant
Mais derrière cette virtuosité, le film reste très décousu. La narration se disperse, se désorganise, part dans tous les sens, au point que je cesse de chercher une logique, même si, dans un film d’espionnage, j’aurais aimé avoir un fil rouge auquel me raccrocher. Le film semble volontairement nous pousser à lâcher prise, à arrêter de chercher à “comprendre”, pour simplement se laisser porter par son univers surréel.
Résultat : le lendemain du visionnage, je suis toujours paumé.
Hier, j’étais souvent perdu, parfois fasciné, parfois frustré, toujours trimballé entre un vrai plaisir visuel et l’impression de flotter complètement hors du récit.
C’est hypnotique, déstabilisant, magnifique à regarder, mais difficile à saisir. Une expérience avant un film.