- Si je reconnais à « Règlement de comptes à OK Corral » son statut de monument, mon visionnage m'a laissé un sentiment de 6/10 (Allez, un petit 7/10 pour cet ancien western). Le film est efficace, mais il est loin d'être le western définitif que la légende nous vend.
Les décors sont superbes, mais...
- L'image est indéniablement belle. Les paysages du Sud-Ouest et la photographie en Technicolor flattent l'œil. Pourtant, c'est justement cette propreté qui finit par me gêner. Tout est trop léché : les costumes des shérifs sortent du pressing, le maquillage des actrices est impeccable même en plein désert. Ce manque de réalisme« crasseux » m'a empêché de ressentir la dangerosité réelle de l'époque. On est dans une vitrine de studio, pas dans l'Arizona sauvage.
Un rythme qui s'étire
- Le film dure plus de deux heures, et on les sent. John Sturges s'attarde longuement sur les intrigues amoureuses de Wyatt Earp (avec Laura Denbow) et de Doc Holliday (avec Kate). Ces scènes de ménage ou de séduction ralentissent le récit et n'apportent pas grand-chose à la tension dramatique. Le cœur du sujet, c'est l'amitié entre Wyatt et Doc, et le reste fait souvent figure de remplissage avant l'inévitable fusillade.
Des performances inégales
- Kirk Douglas est impérial : son Doc Holliday est fiévreux, arrogant et pathétique. C’est lui qui sauve l’intérêt du film.
- Burt Lancaster, en revanche, joue un Wyatt Earp un peu trop monochrome. Son jeu est monolithique, presque rigide, ce qui rend le personnage moins humain qu'il ne l'est dans d'autres adaptations plus récentes.
Conclusion
- Le film reste plaisant pour son duo d'acteurs et son final légendaire (bien que très romancé), mais il souffre d'un classicisme qui a un peu mal vieilli. Pour moi, c'est un western de transition : magnifique à regarder, mais émotionnellement un peu froid et inutilement long.