De là à prétendre que Rembrandt est une croûte, non, il n'y a pas lieu d'émettre une sentence aussi excessive. Mais de regretter que le talent de Pierre Schoeller s'est quelque peu égaré depuis L'exercice de l'État, cela, oui, cela peut s'entendre. Sur le thème du "on ne nous dit pas tout", appliqué ici au nucléaire, en lien avec l'inquiétante imprévisibilité du climat, le film met les pieds dans le plat avec force arguments, mais, en contrepartie, le scénario patauge entre intimité d'un couple, responsabilité morale et illuminations mystiques. Quant au fameux peintre néerlandais, il n'en peut mais, mêlé, bien contre son gré, le pauvre, à une histoire qui n'est pas de son temps. Camille Cottin, en lanceuse d'alerte au comportement erratique, a bien du mal à nous faire comprendre la psychologie de son personnage, mais elle a au moins un rôle à défendre, ce qui est moins le cas de Romain Duris, obligé de subir plus que capable d'agir. Sur le papier, Rembrandt ne manque pas d'ambition et attire l'attention sur un sujet tour de même un peu terrifiant, mais mal ou pas assez vulgarisé pour en faire un ressort dramatique passionnant. D'autant qu'il se mélange à d'autres bouts d'intrigues, soit superfétatoires, soit insuffisamment travaillés en profondeur. Comme une toile inachevée.