Jean Gabin et Michèle Morgan avec des dialogues de Prévert, cela pouvait augurer d'un film surfant sur le succès du Quai des brumes. D'autant que le début, avec sa couleur charbonneuse presque fuligineuse, emblématique d'un certain réalisme poétique à la française, laissait présager un film dans le même goût.
Mais loin d'être au creux de la vague, ce Remorques est très différent, et Jean Grémillon tient bien la barre. Il ajoute une attention à ce qui constitue le métier de sauveteur en mer. On pardonnera dès lors les trucages un peu éculés, assez facile à discerner, pour faire croire qu'on voit un navire évoluer en pleine tempête.
A Brest, le capitaine Laurent (Jean Gabin) et son équipage ne sortent que s'il y a du grabuge. Ils se portent au secours des navires en difficulté, afin de les remorquer vers la sécurité.
Mon visionnage aura été un peu gâché par le fait qu'au début, il était très difficile de comprendre les dialogues, il fallait vraiment se concentrer dessus. Une restauration ne serait pas de trop !
Le sujet c'est donc les sauveteurs en mer, mais ce sont aussi les femmes de marin, un sujet éculé certes, mais c'est qu'il est porteur, fatalement, d'une nostalgie prête à servir. Ici, Jean Gabin hésite entre deux femmes : la première c'est Madeleine Renaud, la bonne épouse, qui l'attend le coeur battant, et espère qu'il abandonne son métier de capitaine, mais c'est une bonne petite, elle ne dira rien, sauf si... La seconde c'est bien sûr Michel Morgan, avec ses beaux yeux elle espère faire chavirer le capitaine au long cours, en tout cas c'est un avis de tempête qu'il ne faut pas négliger. Entre deux formes d'amour, choisir l'exaltation ou la stabilité, c'est un dilemme que l'on a déjà vu.
Le film n'a donc d'original que son cadre, ce qui est déjà pas mal du tout.