Le cadrage étrange et glacial de la caméra sur les visages et les objets, l'audace-même du sujet, ne sont pas sans rapprocher le film de Gréville de ceux des surréalistes. La sexualité, la frustration sexuelle pour être précis, n'est pas un sujet très commun pour l'époque, et Gréville l'aborde avec une pertinence qui dut paraitre particulièrement osée sinon scandaleuse aux contemporains.
A la lune de miel heureuse d'un couple de jeunes mariés succède, tout de suite, un accident de voiture dramatique dont l'époux sortira handicapé et impuissant.
Gréville s'attache moins à une étude psychologique rigoureuse du couple qu'à évoquer l'absence de sexualité. Au point que le film prend l'apparence de l'histoire d'un adultère inéluctable. L'originalité et l'audace du film tiennent surtout dans la suggestion du désir physique de la jeune femme.
Le film va aussi à l'encontre du romantisme traditionnel. A travers une symbolique parfois naïve, Gréville exprime les attitudes du couple. Les tourments de Jeanne sont signifiés par les remous plus ou moins agités de l'eau...De la même façon, elle se jette avidement dans l'eau d'un piscine alors que son mari, constructeur de barrages, s'attache, lui, à canaliser l'eau...
Peu dialogué, le film a un réel intérêt stylistique, mais on peut regretter le peu de nuances dans la description du couple. Le dénouement, dramatique et funèbre, sera très (trop?) moral.