Il s'agit peut-être de la meilleure comédie romantique jamais réalisée. Proche de la perfection, c'est l'une des comédies romantiques les mieux interprétées et les mieux rythmées jamais produites dans ce pays. Le grand Ernst Lubitsch traite son « petit » thème avec brio, portant à l'écran la vie de gens ordinaires comme il ne l'avait jamais fait auparavant. Pour ma part, c'est le chef-d'œuvre de Lubitsch : une fusion immaculée de son style de mise en scène vif, de réparties savamment superposées et d'un réalisme revigorant, le tout couronné par une intrigue secondaire romantique qui offre une célébration joyeuse et sincère de l'amour jeune et providentiel.
Ce qui rend Rendez-vous intemporel, ironiquement, c’est la spécificité de son cadre : un petit grand magasin à Budapest à la fin de la Grande Dépression mondiale. Le charme du concept de Lubitsch (mettant en scène un scénario de Samson Raphaelson, son collaborateur habituel pour les comédies et les mélodrames) est rapidement dépassé au profit d'une étude de ses effets sur les personnes impliquées, ainsi que de la dynamique du lieu de travail dans son ensemble. Conçu avec amour, d'une élégance impeccable et réconfortant.
La véritable surprise réside dans la ferveur avec laquelle le réalisateur auteur de certaines des comédies romantiques les plus fines et les plus acérées accepte de lever le pied pour laisser une romance sincère l'emporter. Et c'est extrêmement séduisant. L'alchimie à l'écran entre James Stewart et Margaret Sullavan relève de la légende, et n'a jamais été mieux mise en valeur que dans ce bijou romantique. Le scénario merveilleux de Raphaelson se déploie en six séquences qui s'élèvent et retombent avec le poids surprenant de mini-vies ; sous la direction à la fois acide et tendre de Lubitsch, le transparent Stewart et l'électrique et tourmentée Sullavan créent une cour comique immortelle.