Roger Borniche n'aura sans doute pas reconnu son roman dans cette adaptation de Girod et Rouffio. Débutant sous l'Occupation et se poursuivant dans l'immédiate après-guerre, le destin criminel de René la Canne est évoqué sous l'angle du burlesque et de la farce.
En premier lieu, René Bornier, dit la Canne, incarné par Depardieu, loin de l'image réaliste et violente des gangsters de l'ancien policier Borniche, n'est qu'un bouffon proche de la démence .Comme le personnage de Piccoli, un flic de ses amis dont on suit, parallèlement, la carrière opposée. Depardieu et Piccoli en font volontairement des tonnes pour restituer l'exubérance de leur rôle. L'interprétation hystérique des deux comédiens tient le plus souvent de la grimace et de l'onomatopée...sans pour autant initier la moindre scène amusante. La démarche des auteurs est beaucoup moins parodique qu'elle n'est grossièrement caricaturale dans un exercice de style aussi inattendu qu'insignifiant. Le récit est elliptique et confus jusqu'à l'incohérence et, en définitive, Francis Girod ne nous attache jamais aux personnages, ne nous fait jamais entrer dans leur folie douce.