On ne pourra pas reprocher à Zach Cregger de plagier sans vergogne les jeux, films ou autres produits dérivés de la franchise Resident Evil. Certes il y a ce qu’il faut de références (et de clins d’œil, quitte à lorgner ponctuellement vers Alien) pour comprendre dans quel univers nous sommes (virus, chiens, Umbrella…) mais le film donne l’impression qu’une comédie s’invite à Raccoon City, entre cadenas qui résistent (Yee Yee Life coming ?), héros lassé de se faire poursuivre et vomir dessus - surtout qu’il a une copine à gérer quand le réseau veut bien passer -, et larrons croisés ça et là pour fournir son lot d’infos et de morts.
S’il fallait tirer trois leçons du film ce serait : préférez les épinards sans beurre peut vous sauver la vie ; sortez couverts et chaînés si vous roulez sur le verglas ; inspectez les gens que vous croisez (The Last of us ne vous a donc rien appris ?) pour ne pas vous imaginer qu’une femme mûre vous fait du gringue par moins 15 degrés.
Plus qu’un film Resident Evil, celui-ci flirte davantage avec le jeu vidéo horrifique et ses tropes : endroit sombre où il faut aller et éclairer, se parler à soi-même pour faire redescendre la pression, suivre des traces, entendre des bruits inquiétants, des obstacles à franchir, des armes à trouver, des réactions plus ou moins rationnelles… Les mordus du genre ne seront pas dépaysés.
Chose surprenante : on (sou)rit pas mal devant ce qui se passe. Cela désamorce un peu la tension et les quelques jumpscares qui apparaissent. Mais rien de traumatisant. C’est là que l’on s’aperçoit qu’à force de jouer et de voir des films on lève à peine le sourcil quand on voit une tête exploser suite à un coup de feu. De quoi gonfler la note des artisans qui devront nettoyer et repeindre tout le bazar laissé par notre héros sur son parcours, poursuivi qu’il est par ses obligations et quelques monstres.
Le « meh » du moment provient du final, un peu trop grotesque à mon goût (à l’instar de celui de The Substance), ce qui gâche mon évaluation globale du film. J’aurais voulu quelque chose d’un peu moins précipité et un peu plus cérébral. Ceux qui savent, savent. On passe quand même un bon moment, tout en se demandant quand est-ce que nous aurons droit à autant de neige que dans le film.