En 24 heures, je ne suis pas peu fier d'avoir réussi un énoooorme écart qualitatif. Hier, je visionnais un véritable étron de la comédie française, dont je ne citerai même pas le nom pour ne pas salir cette critique. Et aujourd'hui, je découvre "Resurrection" de Bi Gan, une vraie claque sensorielle.
Je ne rentrerai pas dans le détail du synopsis, en fait relativement peu important. Disons qu'il est question d'un futur où les rêves sont interdits, et d'un rêveur illicite attrapé par les autorités, qui va vivre une dernière série de rêves temporels.
L'important est que l'on va visionner des vignettes, se déroulant au fur et à mesure du 20ème siècle en Chine. Bi Gan évoquera ainsi l'histoire de la Chine, et la notion récurrente de temporalité. Mais aussi les sens humains, chaque morceau de l'anthologie faisant la part belle à l'un d'entre eux.
Et surtout, l'occasion pour Bi Gan de faire du pied à tout un pan du cinéma mondial. Des frères Lumière à Wong Kar Wai, en passant par Friedrich Murnau, Georges Méliès, Orson Welles, et bien d'autres, le réalisateur se fait plaisir en multipliant les hommages et les inspirations. Cela aurait pu partir dans les tous les sens ou virer à la révérence stérile, mais il n'en est rien. En 2h40, Bi Gan digère amplement ses influences, et surtout propose un spectacle complètement dingue.
Le montage sonore est aux petits oignons, les visuels de toute beauté, et l'ambition cinématographique à un niveau très élevé, rarement vu ces dernières années. Sachant qu'avec l'ambiance onirique, on est surtout dans un cinéma très sensoriel... qui laissera beaucoup de monde sur le carreau.
Je regrette le manque d'un fil rouge, qui aurait amené un enjeu narratif ou émotionnel entre les morceaux. Ceux-ci étant "simplement" liés par les sens et les thématiques explorées. Là encore, tout le monde n'adhèrera pas.
Mais je ne peux que saluer les hallucinantes compositions graphiques. Dont le dernier morceau se déroulant à la dernière nuit de 1999, traité à travers un plan séquence totalement démentiel de 40 minutes, qui nous immerge dans un enfer citadin et vire au fantastique.
Du grand art.