Une déclaration d’amour au cinéma d’une ambition démesurée en 5 parties, sous la forme d’un voyage archi référencé à travers les genres (SF muet, polar, fable bouddhiste, conte initiatique, mythe eschatologique, et retour…), les 5 sens, 5 époques de l’histoire de Chine, de l’invention du cinématographe à l’ère du numérique !!!
Pour soulever le voile des illusions, Bi Gan n’a peur de rien : face aux immortels qui ne rêvent plus, résiste celui qui a choisi de continuer à se consumer au pays des fantasmes, à la recherche de père ou de mer. Un périple labyrinthique sous l’œil de la trop rare Shu Qi, qui chasse et tente de comprendre avec nous ce doux « rêvoleur ».
Même si cela frise trop souvent la démonstration d’un surdoué débordé par l’ampleur de son projet, reste à saluer sa profession de foi : réveiller les déjà-morts que nous sommes devenus, rallumer la flamme pour nous sommer de regarder. Car seuls survivront ceux qui rêvent encore, c’est-à-dire les spectateurs de salles de cinéma, dont la survie et ne tient plus qu’à fil, aussi vulnérable que la condition humaine.