Alors je dois probablement être passé à côté d'un truc vu les notes dithyrambiques que reçoit le film, mais je n'ai rien compris.
Le film se décompose en 5-6, court-métrage faisant plus ou moins chacun référence à une époque cinématographique (je crois). Mais alors, je ne sais pas ce qui était censé faire le lien thématique entre toutes ces fictions. Il me semble qu'il y a des clins d'œil subtils qui relient brièvement ces "chapitres" mais je suis incapable de dire si c'est véritablement le cas ou si c'est tout simplement moi qui cherchais désespérément trouver un lien pour les unir.
Il y a une histoire de "Rêvoleur" qui s'incarne dans le cinématographe pour se dissimuler de ceux qui ne rêvent plus et son immortel. Mais cela n'est écrit que sur des cartons faisant office d'interlude entre les chapitres. Ne vous attendez pas à quoi que ce soit de plus. C'est juste un background écrit sur des cartons de texte et c'est tout. Ça semble sorti de nulle part, je ne vois pas l'apport, la logique, la cohérence ou la symbolique bancale derrière ce concept.
On était 3 à voir le film et on a tous lutté durant les 3 premiers courts-métrages pour ne pas nous endormir (ce qui représente quand même 1h30 de film).
Il y a beaucoup de références au cinéma, dissimulé plus ou moins subtilement quand elles ne sont pas explicitement montrées. On a (entre beaucoup d'autres) de l'expressionnisme allemand avec des références à "M le maudit" ou "Nosferatu", ou encore des références au cinéma français de Georges Méliès. On voit clairement dans son concept et ses références que c'est un film qui veut rendre hommage au cinéma, mais pour en faire quoi ? Pour raconter quoi ? Alors là, mystère. Au-delà de "l'exercice de style", je ne vois pas ce que voulait le film. Et même là, si chaque partie semble référencer une époque du cinéma, cela se fait sans en exploiter véritablement les codes et les spécificités propres à chaque époque. On aurait pu filmer chaque partie avec du matériel typique de l'époque référencée. Avoir du son grésillant au début du parlant, jouer sur les formats d'images qui passe du 4/3 au 16/9, utiliser les codes de réalisation et de montage propres à chaque période, exploiter les genres surreprésentés, typiques de chaque époque, exploités les musiques qui ont elles aussi beaucoup évolué dans leur utilisation, s'inspirer des méthodes d'écriture et pourquoi pas pasticher le rendu technicolor ou peindre sur les pellicules pour montrer un passage à la couleur. Je ne sais pas, il me semble y avoir plein de conventions à exploiter. Ou alors ça ne parle pas du tout de ça et ça n'est pas le sujet du film ? Ce qui expliquerait pourquoi on passe à côté de tout cela. Mais en même temps le Rêvoleur est censé se cacher dans un cinématographe qui traverse les âges du début de sa création jusqu'aux 1ers jours de l'an 2000, donc ça semble bien être le sujet. Au passage, notez que le Rêvoleur s'incarne dans un cinématographe, pas dans une caméra 4K à l'image impeccable, permettant de zoomer sur les pores de votre peau pour en compter les points noirs présents sur votre nez. J'exagère volontairement, car, qu'on soit bien d'accord, il faut que le film reste lisible sur les projecteurs actuels mais c'est beaucoup trop clean pour du cinématographe et on aurait au moins pu simuler les rendus des anciens modèles de caméra en postproduction. L'effort esthétique n'a vraiment été fait sur ce point que sur le 1er chapitre qui emploie des plans fixes (mais pas tous car l'idée ne va jamais au bout) et qui représentent même en réalité des "tableaux" (le nom donné avant qu'on parle de "plans" et dans lequel en gros, chaque tableau est un plan souvent accompagné d'un nouveau décor car la référence était le théâtre).
Le film se conclut sur un dernier court-métrage qui se conclut à l'aube de l'an 2000. Donc ça signifie quoi thématiquement pour l'auteur ? Que le cinéma est mort avec et à cause du numérique ? Vraiment je cherche sûrement trop loin mais le film me semble totalement dispensable et ayant peu d'intérêt.
Les deux dernières histoires sont intéressantes à suivre mais elles se suffisent largement à elles-mêmes en tant que court-métrage et je ne vois pas l'intérêt de les voir regroupé avec les autres (et je ne vois pas l'intérêt non plus de basculer dans le registre du fantastique dans le dernier court-métrage lors de sa minute finale).
C'est joli. Voilà, c'est un beau film.
Et le reste, me concernant, est incompréhensible. Ça se veut peut-être simplement poétique sans chercher plus loin et auquel cas, son problème est alors de trop rechercher a faire un lien avec son histoire de Rêvoleur qui ancre le film dans une forme de diégèse avec ses codes. En fait, ça a un peu le cul entre deux chaises. Ça manque soit d'un plus gros lâcher-prise pour se vouloir poétique et détaché de toute réflexion soit de plus de matière et de cohérence pour proposer une véritable réflexion. Si vous voulez un film sans logique, qui parle de rêve et plonge profondément dans un absurde outrancier, se détachant de toute logique pour une pure expérience de bonheur, je vous recommanderais plutôt "Réalité" de Quentin Dupieux. Et pour un film qui rend hommage au cinéma qui est clair dans ce qu'il raconte, alors là ça ne manque pas, mais vous pouvez voir ou revoir "Babylon" de Damien Chazelle si vous devez choisir entre ce film et un autre film de 3h parlant de cinéma.