Certains films ne crient pas, ils murmurent. Et parfois, ce sont ceux-là qui restent. Return fait clairement partie de ceux qui ne cherchent pas à en mettre plein la vue, mais qui, mine de rien, installent quelque chose de profond. Ce genre de film qui te fait sentir, plus que comprendre, et qui continue de résonner une fois le générique passé.
Je lui ai mis un 7.5/10, parce qu’il m’a touché, sans pour autant complètement m’embarquer. Il y a une belle sincérité dans la démarche de Liza Johnson : elle choisit de montrer le retour d’une femme soldat sans drame tonitruant ni rebondissement scénaristique artificiel. Juste le quotidien, le silence gênant, le décalage qui s’installe. Et ça, ça m’a vraiment parlé.
Le personnage de Kelli, interprété par une Linda Cardellini étonnante de justesse, m’a bouleversé. Elle joue tout en retenue, en micro-expressions, en regards fuyants… et on sent, sans qu’on nous le dise, qu’elle est paumée. Qu’elle ne sait plus où est sa place. J’ai trouvé ça fort, parce qu’on voit rarement ce genre de retour traité du point de vue d’une femme, avec autant de finesse.
Ce qui m’a un peu manqué, en revanche, c’est un fil plus clair dans certains aspects de son parcours. Par moments, j’avais l’impression qu’on survolait des choses qui méritaient d’être creusées : sa relation avec ses enfants, son isolement progressif, sa manière d’essayer — ou pas — de se reconstruire. Peut-être que le film choisit volontairement de rester dans le flou, mais j’aurais aimé qu’il aille un peu plus loin.
Cela dit, la sobriété de la réalisation sert bien le propos. Pas de pathos, pas de musique omniprésente pour nous forcer à ressentir quelque chose : juste des plans simples, une lumière un peu froide, et ce sentiment que tout est un peu à côté. C’est ça, je crois, qui m’a le plus marqué : cette impression constante de malaise tranquille, comme un petit caillou dans la chaussure. Rien de spectaculaire, mais ça reste.
Return ne cherche pas à faire le film “important” sur le trauma des soldats, et c’est peut-être ce qui le rend précieux. Il parle de la difficulté de rentrer chez soi quand on ne se reconnaît plus dans ce “chez soi”. De ce moment suspendu où on est là, physiquement, mais mentalement ailleurs. Et ça, c’est quelque chose que j’ai trouvé très vrai, et qui mérite d’être vu.