Film avec un accueil mitigé à sa sortie. Certains taxant Kurosawa de chauvin oubliant la part de responsabilité du japon. A cela Kurosawa répondra qu'il n'oublie rien, que la guerre est entre les gouvernements, pas les gens. En niant tout programme anti américain. D'ailleurs si le film avait été si unilatéral (ce qui n'est pas le cas), on pourrait reprocher à une grande partie des films américains parlant de la guerre d'être un peu trop propagandiste et mettant l'ennemi comme une éminence désincarnée et mauvaise.
Rhapsodie en aout est un film poétique sur le pardon. La scène entre Clark et la grand mère en est la preuve. Clark (americano-japonais vivant à Hawaï) s'excuse de ne pas avoir su que son oncle était mort suite au largage de la bombe. Mais aucunement que les américains est largué la bombe. Kurosawa évoque ce drame au niveau des gens pas du pouvoir. L'approche est sensible aucunement militante. La grand mère ne l'invective pas. "Ce n'est rien" répétera t'elle. De plus les scènes précédentes désamorcent la critique du manichéisme avec les parents qui discutent de la venue de Clark au japon "Ils vient pour mettre un terme à nos liens. Les américains n'aiment pas qu'on leur parle de la bombe!". Ce qui s'avèrent totalement faux par la suite.
Au fil de sa carrière, certains films étaient directement ou indirectement lié au théme de la guerre atomique notamment "l'ange ivre" ou "Vivre avec la peur". Dans ce film, l'approche est plus frontal. D'un coté réaliste, avec les dialogues entre les petits enfants et la grand père comme une passation de mémoire dans le but de ne pas oublier. D'un autre coté plus métaphorique avec l'oeil de la bombe ou les fourmis suivant un chemin tout tracé pour se réfugier dans un fleur (lien direct avec l'éxode des japonais apres la bombe). Au final Kurosawa montre la vie bien après la guerre. Comment on se reconstruit, comment on peut oublier aussi et passer à autre chose.
Poétique et sensible /20