Bohemian Rhapsody en Septembre !
Avant dernier film de Kurosawa, et nous voilà entraîné à nouveau sur un sujet qui a traumatisé bon nombre de Japonais et à plus grande échelle qui continue aussi bien à fasciner que terrifier le monde entier, je veux bien sûr parler de l'arme atomique. 35 ans auparavant le Maître évoquait ce sujet de manière bien différente dans "Vivre dans la peur", à travers le regard d'un vieil homme qui redoutait plus que tout que ça se reproduise et souhaitait mettre sa famille à l’abri. Depuis le temps s'est écoulé, l'amertume et la mélancolie ont pris le pas sur le reste, le traitement est bien différent, en s'attardant sur ce groupe de gamins envoyés en vacances chez leur grand mère rescapée du drame de Nagasaki, c'est dans une forme plus documentarisée que le réalisateur pose son angle.
Rhapsodie en Août est un joli petit moment de tendresse, de mélancolie et de nostalgie. C'est pas toujours très bien joué du côté des mioches notamment qui réalisent petit à petit l'ampleur de la catastrophe, les parents sont des égoïstes arrivistes, mais le portrait de cette grand mère d'une gentillesse sans limite permet au récit de se maintenir dans une atmosphère délicate et raffinée.
L'aspect Américano-Japonais est traité avec pudeur et retenu et putain RICHARD GERE dans un film de Kurosawa merde, quand la caméra zoom sur la photo le représentant, j'ai cru que je délirais. Ce qui est assez triste c'est qu'en apparaissant seulement 15 minutes il tient peut être le meilleur rôle de sa carrière, juste derrière le chacal ( non je déconne ).
Sans être un film immense, Kuro nous emporte dans une petite fable plutôt sympathique, il a désormais un bien meilleur recul sur les atrocités commises durant la guerre. Et du haut de ses 81 années, notre vieux sage, en s'appuyant sur son génie pour filmer la nature comme lors de ce plan magnifique représentant un parterre de fleurs rouges et une photographie toujours aussi somptueuse, distribue un récit très tendre et plein de sincérité.