Rien que pour vos yeux par Kroakkroqgar
Sorti en 1981, ‘For You Eyes Only’ n’est pas conçu comme une pierre angulaire de la mythologie de James Bond, mais plutôt comme un divertissement grand public. Hormis la scène d’ouverture qui s’adresse aux spectateurs ayant vu les films précédents, les personnages récurrents des films du célèbre espion sont presque absent : M. est absente, et l’apparition de Q est anecdotique.
Par conséquent, ‘For Your Eyes Only’ apparaît plutôt comme un sympathique film d’action. Parce qu’avec ce James Bond, il n’est pas question d’espionnage ou d’infiltration, mais uniquement de poursuites en voiture, de cascades, et de bastonnades. Ce n’est peut-être pas plus mal, puisque le récit est plutôt rythmé, et les scènes d’actions tout à fait acceptables. On ne vibre pas forcément, mais on peut trouver une certaine originalité dans les poursuites en skis, ou en voiturette.
En effet, lorsqu’il s’agit du scénario, le mât blesse. Multipliant les personnages et les lieux inutilement, on a parfois l’impression que le film cherche à faire une carte de visite du sud de l’Europe plutôt que de mener une bonne intrigue. Alors que la mission devrait prendre place au large de la Grèce, 007 passe également par les stations de ski italiennes, puis par les montagnes grecques. Dans le même esprit, la grecque Melina Havelock n’a d’autre rôle que celui de l’habituel Bond Girl, et le personnage de Bibi Dahl n’a strictement rien à faire là. Au moins, Milos Columbo apporte un peu de fraîcheur au film, même s’il semble impensable que James Bond s’allie avec des trafiquants.
Toutefois, l’ambiance générale n’est pas déplaisante. L’intrigue tient la route, et le film offre quelques originalités : comme la séquence sous-marine et l’escalade. Par ailleurs, Roger Moore n’incarne pas le James Bond le plus charismatique qui soit, mais certaines de ces petites remarques sont amusantes. C’est d’ailleurs comme ça qu’il sauve la conclusion de la mission, avec son « C’est la détente camarade : vous ne l’avez pas, je ne l’ai pas non plus ». Et puis les présences féminines à l’écran sont plutôt agréables. Certes, Carole Bouquet hérite d’un style un peu surprenante, et le personnage de Bibi Dahl est à la limite du gênant, mais elles contenteront le public masculin. En outre, la bande-originale est convenable.
Un divertissement sympathique.