(republication d'une critique de 2021)
Ou comment changer d’avis pour ne pas passer pour une imbécile…
Très déçue par « Le Narcisse noir », je rechignais à remonter dans le temps. De plus, je ne suis pas une inconditionnelle du cinéma italien, encore moins du néoréalisme.
Alors ? Il fallait une histoire de femmes pour me toucher, et un contexte social fort et original (pour une habituée de la classe ouvrière britannique).
Certes, l’intrigue est mince, cousue de fil blanc, mais prétexte à brosser des portraits pas si simplistes ni manichéens, et surtout à peindre une communauté soudée malgré les aléas, et qui prend peu à peu conscience des divisions que trop on lui impose.
Il se crée de fait une solidarité réconfortante car pas si évidente.
Presque tous les hommes en prennent pour leur grade, plus ou moins cruellement. Toutes les femmes sont belles, pas seulement les jeunettes avec leurs jambes nues, pas uniquement les deux principales protagonistes, Silvana et Francesca, rivales et pourtant amies parce que femmes avant tout, avec leurs formes différentes mais leur fond si semblablement sensible et généreux. Et les autres, avec leur sagesse, leur bagout, leurs névroses, leur sensualité, leur force et leur fragilité qui laissent les mâles sur la digue…
La fin est déchirante. Inéluctable (désillusion, culpabilité, rédemption, tout y est). Et cet hommage de grains de riz, non pour un mariage mais pour une vie moissonnée, est magnifique.