La disparition récente de James CAAN m'a donné envie de revoir ce film que je n'avais vu qu'une fois enfant et qui m'avait alors beaucoup impressionné. J'étais surtout désireux d'y apposer ma grille de lecture d'adulte, de confronter mes souvenirs à l'oeuvre et d'enfin savoir si ce film se classerait pour moi dans les grands films vus trop tôt pour en saisir toute la subtilité ou dans cette catégorie que je nomme "plaisir coupable" où se retrouvent ces films qui ont marqué mon enfance mais qui sont objectivement mauvais ou moyens.
Ne faisons pas durer le suspens plus longtemps, Rollerball appartient définitivement à la catégorie des grands films.
On passera sur l'aspect daté du film qui personnellement ne me dérange pas, cette direction artistique générale très ancrée dans une vision du future qui était celle en vogue dans les années 70, a de quoi faire sourire aujourd'hui et c'est avec une pointe d'émotions que j'ai revu des textures, des formes et des couleurs qui ont réveillé des souvenirs précis de ces années, cette vision constituant dès lors une fenêtre temporelle passionnante à analyser qui ne m' a nullement sortie du film, bien au contraire ayant trouvé un remaster haute définition du film, j'ai quand même pu apprécier la qualité et la précision technique qui constitue l'ossature du film et qui a du certainement à l'époque concourir à rendre cet univers, alors futuriste, crédible.
Ce qui m'a passionné en le revoyant plus de trente ans plus tard, c'est d'une part le graphisme des scènes de violence, parfois très crues et qui sans tomber dans le "too much" du gore, sont néanmoins très impactantes et de me dire que ce film devait surement avoir une limite d'âge et qu'encore une fois mes chers parents ont appliqué la théorie qui dit que le meilleur moment pour découvrir un film, c'est trop jeune.
L'autre point du film qui m'a passionné c'est son immense pessimisme quant à la nature humaine, c'est un film d'un profond nihilisme, c'est un film qui nous dit de façon très claire, que la nature humaine étant ce qu'elle est, elle cherchera toujours la violence, elle en a besoin, comme d'un autre élément vital, que l'humanité parvienne à créer une société où inégalités sociales et conflits meurtriers seraient inexistants, alors elle aurait besoin de catharsis de violence, que cela prenne la forme d'un jeu dans une arène qui rappellera les cirques antiques, "panem et circenses", sauf que là le pain est assuré, restent donc les jeux qui servant d'exutoires primal catalysent toute la violence de la profonde nature humaine. Mais cette soif de destruction et de chaos est aussi montrée dans une scène presque anodine, qui montre un petit groupe de personnes s'éclater an détruisant des arbres à coups de feux, dans des explosions de rires qui répondent aux explosions.
Ce film à l'image de films comme RoboCop (1987) ou Starship Troopers (1997) peut n'être vu que comme un divertissement régressif, à la simplicité feinte mais aussi comme une oeuvre aux niveaux de lectures et aux messages bien plus profonds et questionnant notre nature bien plus efficacement qu'un film se voulant stricto sensu dénonciateur.
En tout cas, moi qui me définit comme un misanthrope humaniste - démerde toi avec ça - ce film vient chatouiller des points importants dans ma façon d'appréhender l'Homme.