Comme avec After Blue, les intentions visuelles de Mandico (certaines valent le détour) prennent le pas sur tout le reste. Il a beau le saupoudrer d'antifascisme, c'est avant tout un film qui ne sait pas trop quoi dire, pas plus sur ça que sur le corps des femmes et des actrices. Un cinéma incroyablement poseur (la scène finale faut s'accrocher) qui m'a fait sentir une grande distance entre les personnages et moi, et du même coup pas mal d'indifférence pour le déroulé du scénario.
Et même dans ce que le film essaye de figurer du fascisme je suis pas convaincu, je vois un artiste hyper centré sur sa condition, comme si le nœud du fascisme se trouvait là. Ce que les fascistes menacent de détruire en premier ce sont des corps, et ces corps-là - noirs, homosexuels, féminins - sont plutôt épargnés ici, sinon carrément absents. Celle qui mène la bataille contre les fascistes est une artiste, incarnée par une imbuvable bourgeoise.
Et puis cette représentation attendue et grotesque de Rome, réduite à son héritage antique... Vraiment du fake deep. Mandico accumule les strates, recouvre son récit de différentes couches de réalité. Ça a pour vertu de brouiller les pistes. Personne ne comprend bien ce qu'il a voulu dire, mais on a compris qu'il aimait pas le fascisme et qu'il avait tout plein de refs cinéphiles. Toujours se méfier des gens qui prennent leur art trop au sérieux