Un nouveau Bertrand Mandico, cela excite, fait peur ou indiffère, choisissez votre camp. Au regard des bons souvenirs de Conann et des Garçons sauvages, l'expérience semble avoir de la gueule, avec l'annonce d'un hommage non dissimulé au cinéma de genre, à Cinecitta et au grand Federico Fellini. Ce n'est pas rien, alors pourquoi ne pas faire confiance, a priori, à un cinéaste qui a déjà prouvé sa créativité et son originalité. Sauf que Roma Elastica se révèle d'emblée décevant et que l'impression ne va pas s'atténuer, le qualificatif d'affligeant venant même assez vite à l'esprit. À ce propos, la scatologie n'a jamais constitué une source d'enthousiasme, mais après tout, c'est bien la seule note d'humour d'un film qui se prend très au sérieux, dans son ambition artistique. Mais derrière le style et la recherche esthétique (qui célèbre souvent une certaine laideur opportunément spectaculaire), baroques, qu'en est-il du contenu ? Il est quasiment inexistant, une fois évoquées les références citées plus haut et mal digérées. Au côté d'une Noémie Merlant qui a tellement peu de choses à jouer, Marion Cotillard a hérité d'un rôle qui l'oblige à se démener et à mouiller la chemise. Elle s'en sort avec les honneurs et réussirait presque à éviter le naufrage du long métrage. Mais la chute de cet empire romain est des plus fracassants, hélas.