Un sentiment un peu mitigé sur ce film. En fait, je l’ai énormément apprécié, beaucoup aimé même ; mais je trouve son rythme et son découpage pas forcément judicieux bien que finalement il convienne parfaitement. Peut-être que du coup, il aurait dû être plus court.
Il y a tout d’abord cette première partie, dans la fameuse « Room » donc, qui est parfaitement maîtrisée, passionnante et sur laquelle je n’ai au final pas grand-chose à redire. C’est tout simplement incroyable comment le huis-clos et respecté, mis en place et exploité. Mais la force, c’est qu’on fait ça du point de vue de Jack et qu’on réalise à quel point son univers est restreint et comment ses codes fonctionnent. Et lorsqu’on commence à se rapprocher de la fin de cette seconde partie, comment ses codes sont remis en question font l’effet d’un véritable coup de poing, car cela nous fait réaliser comment nous sommes soumis à nos propres codes. Cette conclusion arrive au bon moment, car pas trop tôt pour qu’on se sente frustré de ne pas en avoir eu plus, ni trop tard pour qu’on en soit lassé.
Arrive donc cette seconde partie, à laquelle je ne m’attendais pas et qui, étrangement, s’avère être la plus intéressante mais aussi la moins passionnante. Parce qu’elle est trop molle, trop longuette, pas assez développée ? Difficile à dire, mais on sent clairement qu’il manque un petit truc pour vraiment la transcender. Et elle en a le potentiel. Car après une transition magnifiquement exécutée, cette seconde partie aborde l’après-coup de cette séquestration. Et plutôt que de virer dans le pataud à grand renfort de journalistes, déclaration ou autres (comme on peut voire généralement dans le genre), on se focalise d’avantage sur Jack et on se retrouve au final comme isolé de tout ça, préservé, pendant qu’on commence à s’adapter petit à petit, étape par étape, à ce nouvel univers tellement plus vaste.
Bien sûr, on reste spectateur de ce que je citais plus haut, dans laquelle la mère de Jack se retrouve impliquée ; mais comme on reste avec Jack, la façon dont c’est traitée est vraiment intéressante. La conclusion s’avérera être un moment à la fois dur et émouvant, parce qu’on réalise que Jack comprend qu’une page de sa vie se tourne, une page traumatisante, mais d’un autre côté il aura réussi à préserver son innocence d’enfant.
Pour le casting, on saluera les immenses prestations de Brie Larson et Jacob Tremblay (tout simplement bluffant et d’un naturel incroyable, signe d’une très bonne direction) qui survolent tout le reste du casting, qui s’avérera correct mais sans plus. Ce n’est pas mauvais, mais ils sont complètement écrasés par le duo principal.
Techniquement, le film est correct. Une musique plutôt discrète mais sympa, des décors parfaitement exploités (encore une fois, la partie dans la « Room », où rien n’est inutile, tout est parfaitement optimisé) et une mise en scène terriblement efficace et qui réussit très bien à jongler en le huis-clos et le film dramatique plus classique, avec ce point-de-vue parfaitement centré sur Jack.
Bref, au final j’ai beaucoup aimé ce film, mais il y a un truc qui me gêne dans la façon dont la seconde partie est exploitée qui fait que je n’ai pas non plus eu un grand coup de cœur. Ça reste néanmoins un film à voir, ne serait-ce que pour la prestation du casting.