Mais bon sang, qui ? Qui aurait deux heures de sa vie à donner pour quelque chose d'aussi sordide ?
Si je n'ai pas grand chose à reprocher à la mise en scène sur la première heure du film, il est vrai que réussir à s’immiscer avec une équipe de tournage dans une pièce de 11 mètres carrés, sans démonter la moindre partie du décor est une belle prouesse. Même si, à quoi bon, finalement. Que dire de la seconde moitié du récit, d'une lenteur et d'une naïveté assez déconcertante ?
Tenter de traiter un thème aussi sensible à travers l’insouciance d'un regard d'enfant illettré était un parti pris relativement risqué. Et c'est bien là que le bât blesse. Malgré tout le talent du jeune Jacob Tremblay, je n'ai jamais ressenti d'empathie pour ce garçon issu d'une relation forcée. Sa mère, sur-protectrice si il en faut, refuse de l'envisager pour autre chose qu'un enfant béni, né divin, sans géniteur. Ce qui implique nécessairement que toutes les tentatives de questionnement quant à sa raison d'être meurent dans l’œuf. Ne reste à ce gamin que ses délires d'enfant rêveur, profondément inintéressants, malheureusement.
Alors je me doute bien qu'un film qui relate une histoire aussi poignante ne saurait être égratigné. Pourtant, il ne suffit pas de la retranscrire avec légèreté, notamment dans une bande son en décalage complet, pour en faire un chef-d’œuvre. Bien au contraire, on peine véritablement à cerner la portance et la souffrance d'une mère dont le personnage s'étiole petit-à-petit tout au long du récit.
S'en suit quelques scènes totalement potaches, entre une déclaration d'amour ridicule à la grand-maman et un au-revoir des plus absurdes à une chaise, pour terminer le supplice...
Le plus grand exploit de ce film réside sans doute dans le fait de le rendre encore plus pénible et ennuyeux une fois les protagonistes sortis de leur prison. C'est dire.
A aucun moment on ne tente d'aborder le sujet sensible du déséquilibre mental du ravisseur. Aucune référence, aucune piste de réflexion, rien. On est juste projeté là, au milieu d'une purge psychologique qui s'apparente autant à une épreuve pour le spectateur que pour les victimes elles-mêmes.
Insoutenable de par sa longueur, le film réussi néanmoins vraiment bien à nous faire prendre toute la mesure d'un calvaire qui n'en finit plus...
Malgré tout, je n'ai pas saisi une seule seconde où est-ce que l'on tente de nous amener avec Room.
J'en suis sorti horrifié, tout simplement.