Depuis le terrifiant Michael (2011), le cinéaste autrichien Markus Schleinzer n'avait guère fait parler de lui. Le voici de retour au premier plan avec Rose, récit situé au XVIIe siècle, avec pour protagoniste principal un soldat au visage marqué, venu réclamer les terres qu'il a hérité. Deux caractéristiques s'imposent vite : l'image dans un noir et blanc magnifique et une voix off (très explicative) qui révèle d'emblée le secret porté par cet étranger dans une communauté villageoise. Ce mystère n'est pas dévoilé par le synopsis du film et c'est finalement assez maladroit, car c'est là que se situe tout son intérêt, dans un récit par ailleurs assez austère, ragaillardi tout de même par une poignée de scènes à l'impact certain. Attention spoiler, pour ceux qui n'auraient pas deviné le pot aux roses, d'après le titre du long métrage et la présence de la fabuleuse (comme toujours) Sandra Hüller : le soldat en question dissimule son genre sous des habits amples et doit convoler avec une jouvencelle pour témoigner de sa virilité. La seule question qui vaille est donc : combien de temps cet homme pourra-t-il dissimuler le corps du délit ? À notre époque où les films historiques se voient plus ou moins contraints de résonner dans le monde d'aujourd'hui, Rose semble s'acquitter de bonne grâce à cette injonction. On peut aussi y voir un conte social autour d'une imposture, quelque chose de l'ordre du Retour de Martin Guerre, même si le sujet diffère.