Je me souviens de cet allemand avec qui j'avais fait un semestre à l'étranger. C'était un pur produit des années 80 et il me disait: "You have never seen The Running Man?! It's the best!" avec son accent à couper au couteau. Cet échange ne m'a jamais quitté, mais j'aurais attendu pas loin de dix ans avant de me lancer dans le bousin. Et Running Man, c'est pas "The best" du tout. C'est un film qui a pris un sacré coup de vieux (comme beaucoup de films des 80's, décennie qui encaisse le moins bien les affres du temps visuellement comme musicalement), mais qui ne devait déjà pas être fameux à l'époque.
D'un point de vue design déjà, c'est très laid : gras du bide en costumes "punk" sensés être menaçant, coupes de cheveux immondes, survêts kitschissimes... Rien qui n'aille. Et quand en plus le film est exactement ce que le scénario (et la nouvelle de King j'imagine, je ne l'ai pas lue) dénonce, c'est une bonne balle dans le pied. On parle d'une société autoritaire qui s'empêche de penser en regardant un show télé ultra violent et tapageur, et le film n'est jamais plus que ça, l'émission en question représentant les trois quarts de la bobine. Ce qu'est le film, c'est ce que voient les téléspectateurs dans le film. A tel point que lorsque la scène d'intro est remontée pour des besoins de propagandes, c'est avec les plans exactes que le spectateur a vu dans le réel, avec les cuts, les mouvements de caméra et tout le bazar. Du coup, pour la charge, on repassera puisqu'on se vautre dans ce que l'on dénonce.
Sinon y'a trois punchlines moisies à la minutes, made in Schwarzy, et ça pour le coup, ça claque.
Kai, si tu me lis, t'as vraiment mauvais goût.