Dans la grande loterie de la « Nic Cage exploitation », chaque film ressemble à un tirage aléatoire : impossible de savoir si l’on va tomber sur une série B fauchée, un nanar halluciné ou une véritable bonne surprise. Avec La Traque du diable, on est clairement du côté du petit polar efficace et plutôt agréable.
Le film suit le trajet d’une cargaison de drogue entre la Colombie, le Mexique et les États-Unis, en adoptant une structure chorale qui multiplie les points de vue. Flics dépassés, membres de cartel, dealers de rue et consommateurs paumés composent cette galerie de personnages reliés par un même poison. Ici, la drogue ne détruit pas seulement des vies : elle tue littéralement, coupée avec une substance encore plus toxique.
Sans jamais chercher à réinventer le film de trafic, le long métrage tient correctement sa ligne. Le récit reste solide, le casting fait le travail — avec une mention particulière pour Laurence Fishburne, impeccable de nonchalance fatiguée — et l’ensemble alterne efficacement entre ironie grinçante et misère humaine. Certaines scènes provoquent un rire nerveux, d’autres plongent dans un pathétique presque sordide.
La mise en scène avance à bon rythme, sans temps mort, et maintient suffisamment de tension pour éviter l’ennui. Rien de révolutionnaire au final, mais un thriller modeste, conscient de ses limites, qui remplit honnêtement son contrat.