Son nom sonne comme un bruit sourd de baston. Jason Statham, poulain de Luc Besson et un temps annoncé comme le nouveau Bruce Willis, enchaîne les coups droits comme les succès. Abonné aux films d'action depuis « Arnaques, Crimes et botanique », l'ancien plongeur sous-marin de l'équipe d'Angleterre remet ça dans « Safe ». Pour Boaz Yakin (scénariste de « Punisher »), il est Luke Wright, un ancien flic trahi par les siens. À la rue, suicidaire et détruit par la mort de sa femme, harcelé par les flics les plus corrompus de New York et par la mafia russe qui n'en a pas fini avec lui, Luke en a gros sur la patate. C'est au hazard d'une rencontre qu'il décide de faire le ménage une bonne fois pour toute dans les rues de la Grosse Pomme. À coups de pains, il va de soi. La petite Mei (Catherine Chan), une Chinoise surdouée en maths enlevée à sa mère par les triades de son pays implantées Outre-Atlantique, a une mémoire des chiffres hors du commun et peut retenir des codes secrets à rallonge. Et les malfrats de la ville l'ont bien compris (une ribambelle de seconds rôles charismatiques et inquiétants). C'était sans compter sur la bienveillance de Luke, impeccable en taiseux qui cogne fort et juste. Excellemment bien rythmé, « Safe » réussit le pari d'associer avec brio scènes de gunshot parfaitement chorégraphiées et dignes d'un bon Johnnie To à une narration dynamique et sans temps mort. Le duo Luke/Mei fonctionne à merveille et les dialogues offrent quelques phrases cinglantes qui renvoient Statham dans ses cordes.