La loi du plus fort par un Statham à haut voltage


- T'as une sacrée paire de couille.
- Ouais, mes jambes ne se touchent même plus.


Adrénaline à très haute dose !


Action à couper le souffle, adrénaline sans compromis, combats mortels, vengeance radicale, tension maximale et personnages aux gueules cassées sont les premiers mots qui me viennent à l’esprit lorsque je pense à Safe. Dans la continuité des rôles qui ont façonné son image de dur à cuire au grand cœur, Safe s’impose comme l’un des films les plus radical et frontalement violents de la filmographie de Jason Statham. Et avant de dire : « Encore un énième film d’action de plus avec Statham », il faut rappeler que ce film apportait à l’époque une vraie nouveauté encore peu répandue en Occident, et aujourd’hui devenue courante avec John Wick, c'est-à-dire le gunfight ! Un style de combat qui mêle tirs à l’arme à feu et affrontements au corps-à-corps, hérité du cinéma d’action hongkongais, auquel le film rend justement hommage. Ce qui était à l’époque une nouveauté pour Statham lui-même. On pense immédiatement aux polars mafieux de John Woo comme The Killer ou Hard Boiled, portés par la présence incroyablement culte de Chow Yun-fat. Le gunfight ne se limite pas à tirer et met aussi en scène des combats au corps à corps, l’arme au poing, avec un sens du style et de droiture radicale dans l’art de donner la mort qui évoque autant le film noir que le cinéma de gangsters, à l’image totale de Safe. Le film rend ainsi hommage à une tradition importante du cinéma asiatique où, derrière la brutalité des armes se cache une véritable esthétique gore et une filiation directe avec ces œuvres mafieuses devenues cultes.


Réalisé et écrit par Boaz Yakin, le métrage ne cherche jamais à se faire passer pour autre chose que ce qu’il est, c’est-à-dire un thriller d’action urbain noir sans état d’âme ne faisant pas dans la dentelle, avançant sans détour superflu en misant sur la nervosité, la brutalité et une tension quasi permanente. L’intrigue est simple mais solide. On suit Luke Wright incarné par Jason Statham, ancien flic du NYPD devenu combattant de cage qui voit sa vie détruite après avoir refusé de truquer un combat. La mafia russe exécute sa femme enceinte, le laissant brisé et SDF, errant comme un fantôme dans New York. Alors qu’il s’apprêtait à mettre fin à ses jours en se jetant sous les rails du métro, il croise par hasard Mei, une enfant prodige des mathématiques interprétée par Catherine Chan. Enlevée par la Triade chinoise, elle vient tout juste de leur échapper, mais sa fuite ne fait que compliquer sa situation. La fillette se retrouve rapidement traquée non seulement par la Triade, mais aussi par la mafia russe, des policiers corrompus, et un quatrième groupe gravitant autour du maire, accompagné d’un assassin directement lié au passé de Wright. Si tous la recherchent, c’est parce qu’elle a mémorisé une combinaison de chiffres essentielle permettant d’accéder à trente millions de dollars. À partir de cette rencontre, le film bascule dans une véritable cavale urbaine où chaque station de métro, chaque immeuble et chaque ruelle se transforme en véritable zone de guerre avec tous les clans qui s’entre-déchirent, tandis qu’au milieu de ce chaos général Wright tente avant tout de rester en vie et de protéger Mei. Et pour ce faire, Statham va faire parler la loi des poings, des fusils, et avec zéro compromis et zéro pitié.



Cette fois, c'est la guerre.


Le ton est clair dès le départ, Safe va droit au but et ne cherche pas à arrondir les angles. Les fusillades sont bien vénères et ultra réalistes. Les coups de feu éclatent avec une lourdeur qui colle à l’oreille et les impacts font des dégâts avec des décors qui éclatent et des corps qui tombent et s’empilent les uns après les autres. On ressent la pression et la violence qui s’abat comme un orage dans un espace confiné, le tout avec une frénésie des armes qui rend le tout viscéral. Un réalisme dans les fusillades renforcé par la manière dont les personnages utilisent leurs armes. Pas de poses dramatiques où l’on tient un flingue en marchant lentement dans un couloir. On est plutôt sur des positions instinctives et des tirs de réflexes, avec des changements de chargeur sous pression. Le tout articulé à travers une mise en scène percutante. Les combats à mains nues sont également brutaux et vifs, laissant peu de place au superflue. On sent une volonté de rester dans le concret de l’action en donnant du poids aux coups et aux tirs plutôt que de les transformer en chorégraphie stylisée. En atteste le duel final entre Wright et Alex Rosen (Anson Mount) qui n’a pas lieu sous la forme attendue. On aurait pu s’attendre à un affrontement spectaculaire prolongé, or le film choisit une résolution plus directe et expéditive qui reste cohérente avec l’esprit du film. Jason Statham est clairement dans son élément et fait ce qu’il sait faire de mieux, mais encore en mieux, surtout que le film assume sa violence et ne cherche pas à l’édulcorer. En contrepartie, ce qui permet à Safe de ne pas devenir un simple enchaînement de bastons, c’est la relation entre Luke et Mei. Pas de relation père/fille pathos, ni d’émotion excessive, ni de discours grandiloquent, mais une alliance de survie crédible. Mei n’est pas qu’une simple enfant à protéger, elle comprend vite la situation et tire des leçons de ses observations, mais le fait qu’elle ne soit qu’une enfant limite ses actions. Luke quant à lui, retrouve peu à peu une raison de vivre grâce à Mei, qui finit par devenir sa seule et unique raison de vivre. Cette dynamique apporte une dimension humaine sans ralentir le rythme ni diluer la tension. On reste dans un film dur, mais pas vide de narration.


La réalisation de Boaz Yakin est précise. Il sait quand accélérer et quand laisser souffler son récit. Le scénario prend ce qu’il faut de temps pour installer les différents clans en présence avant de les faire s’entre-choquer. La photographie de Stefan Czapsky donne à New York un aspect froid et étouffant renforçant l’image d’une ville hostile. Les décors de Joseph C. Nemec III et la direction artistique de Jesse Rosenthal ancrent le récit dans un environnement crédible. La musique de Mark Mothersbaugh reste discrète mais efficace, soutenant la tension sans envahir les scènes. Le casting secondaire contribue également énormément à l’impact du film. Safe aligne de vraies gueules, des visages marqués qui dégagent du charisme. Robert John Burke dans le rôle de Wolf, capitaine d’une police corrompu jusqu’à l’os est aussi impitoyable que les mafieux. James Hong en patriarche de la Triade amène un côté vicelard et perfide qui fonctionne. Son bras droit, Quang Chang, incarné par un Reggie Lee marque les esprits en tant père adoptif de Mei, dont on se demande s’l ressent vraiment quelque chose pour elle. Côté mafia russe, Sandor Tecsy est détestable à souhait dans le rôle du chef Émil Dochesky. Son fils, Vassily Dochesky par Joseph Sikora, est tout aussi détestable. Chris Sarandon en maire corrompu est cynique à souhait. Enfin, Alex Rosen par un Anson Mount inquiétant et dangereux, apporte une ambiguïté intéressante en ancien partenaire de Wright devenu opposant. En gros, mafieux russes, Triades chinoises, flics corrompus et politiciens véreux offrent une belle panoplie de salopards. Personne n’est propre, et même Wright n’est pas un héros immaculé. Il protège Mei, mais il ne cherche pas à rendre le monde meilleur. Il règle un problème immédiat dans un système pourri de bout en bout qu’il a contribué à créer. Niveau défauts, Safe peut utiliser des ficelles scénaristiques un peu faciles avec quelques heureuses coïncidences, mais il compense largement par son énergie et sa cohérence interne. Ce n’est pas un film qui révolutionne le genre, mais ça reste un thriller urbain bien musclé qui n’est pas là pour nous dorloter, plutôt pour nous plonger dans un périple sous tension qui ne laisse presque jamais retomber la pression. Un divertissement brutal qui sait exactement où il va, et qui le fait très bien.



CONCLUSION :

Safe est un thriller d’action intense et efficace, bien plus original qu'on le pense, porté par Jason Statham dans un rôle à sa mesure puisqu’il explore à l’époque un nouveau genre d’action avec le gunfight, et la jeune Catherine Chan, qui apporte une touche de douceur et d’intelligence au récit. Le film mise sur un scénario simple mais rythmé, des scènes de combat percutantes et une tension constante, offrant un divertissement pur pour les amateurs du genre. Si vous aimez Statham et les films d’action dynamiques, Safe est un incontournable, alliant adrénaline, émotions et une complicité touchante entre les personnages principaux.


Un homme, une gamine, la mafia, une ville, pistolets chargés à bloc, poings de fer, chaos total, un véritable carnage.



- J'ignore toujours quoi dire dans ces moments-là.
- Quels moments ?
- Juste avant de tuer quelqu'un.

B_Jérémy
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le 14 févr. 2026

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