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The forain-er
Hé bien... 2026 aura commencé de manière tardive pour le masqué, tellement rien ne lui faisait envie, en salle, en ce début d'année assez timide.Et puis, il a vu un résumé qui lui a fait de l'oeil :...
le 20 janv. 2026
Hé bien... 2026 aura commencé de manière tardive pour le masqué, tellement rien ne lui faisait envie, en salle, en ce début d'année assez timide.
Et puis, il a vu un résumé qui lui a fait de l'oeil : une première oeuvre en forme de film de vengeance, dans un univers pas si souvent arpenté. Celui des forains.
Les événements initiaux, eux, sont tristement bien connus, tout comme l'arrière plan du film, cette Belgique de friche industrielle à l'abandon, un peu hors du temps, comme en vase clos et au fond de la fracture sociale. Soit un pays qui n'en finit plus de lécher ses plaies encore vives, malgré les années qui ont passé. Mais dont il reste une figure d'ogre.
En ces sens, Sans Pitié fera immanquablement penser, par le trauma dessiné, au récent Dossier Maldoror tel que shooté par un Fabrice Du Welz en état de grâce.
Et puis, il y a ce traitement du lien fraternel, dans un microcosme peu investi au cinéma. Et là, un autre film revient très vite en mémoire, lui aussi un premier essai : Brûle le Sang, de Akaki Popkhadze.
Avec, au-dessus de tout cela, la référence jamais démentie au cinéma de James Gray.
Julien Hosmalin réussit avec une maîtrise surprenante l'heureux mariage entre le cinéma dit "de genre", tendance sombre et abrasif, une ambiance terriblement western, et le drame intimiste et tragique qui ne cède rien à l'humanité tellement faillible de ces deux figures de proue.
Car cette relation fraternelle n'est pas la moindre des attractions de ce Sans Pitié avec, en point d'orgue, ces multiples close up sur les visages dans des étreintes déterminantes que la caméra nourrit. Il y a aussi ces attitudes contradictoires : la détresse silencieuse et la rigidité, face à une impulsivité cédant plus d'une fois la place à des attitudes plus solaires.
Et puis, il y a ce rapport à la culpabilité, qui se passe de paroles ou se noie dans une sorte de mélancolie et de complicité dans l'inavouable, qui ne sera jamais réellement mis en image, sans pourtant rien épargner au spectateur.
Le film ne serait pas grand chose sans son duo, tellement Adam Bessa et Tewfik Jallab jouent de leur intensité et de leur charisme magnétique dans leur relation tout aussi incarnée qu'intense. Avant l'explosion d'une violence sèche et rugueuse.
On pourra seulement regretter, peut-être, cette fin un petit peu précipitée, un peu pudique. Mais il reste en mémoire la tragédie ramassée, forte, majeure et implacable qui secoue, déjà, la torpeur du début de l'année cinéma du masqué.
Behind_the_Mask, sympathy for mister vengeance.
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le 20 janv. 2026
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