Le chef d'un groupe de cascadeurs enlève une mannequin qui doit faire de la publicité pour inciter les gens à manger de la viande. Ils vont être poursuivis par les membres de la production qui, pour ne pas dramatiser la chose, vont faire passer ce kidnapping pour un coup publicitaire.
Sauve qui peut, ou Catch us if you can, est le premier film réalisé par John Boorman, alors connu pour réaliser des documentaires télévisés ou des épisodes de séries, c'est donc une commande pour se mettre le pied à l'étrier. A l'instar de Quatre garçons dans le vent sorti l'année précédente, c'est un véhicule pour un groupe musical anglais nommé The Dave Clark Five, avec de très nombreuses chansons dont celle qui donne son nom au film. Donc, là aussi, inutile d'y chercher une intrigue, c'est avant tout l'occasion pour ce groupe, qui aura duré une quinzaine d'années, l'occasion de se faire connaitre davantage, en particulier Dave Clark qui joue le rôle principal aux côtés de l'actrice et mannequin Barbara Ferris.
Personnellement, c'est l'occasion de découvrir ce groupe que je ne connaissais pas, et dont les sonorités sont quand même très similaires aux Beatles, et que le type derrière la caméra n'est pas un manchot pour son coup d'essai. Notamment ce très beau plan où la caméra suit de dos Dave Clark pendant qu'il conduit aux côté de la jeune femme. On peut sans doute déceler ça et là l'âme déjà rebelle de Boorman à travers Barbara Ferris, qui veut fuir cette société consumériste en voulant acheter une petite île au nord de l'Angleterre, et leur fuite va être l'occasion de rencontrer d'autres personnes, dont des beatniks.
Sans doute mineur en regard de l’œuvre à venir de John Boorman, qui s'inscrit totalement dans le registre du film musical, il faut dire qu'il a tapé dans l'oeil d'un spectateur lors de sa sortie américaine ; un certain Lee Marvin, qui va vouloir ce réalisateur pour le formidable Point de non-retour. Et rien que pour ça, merci à Sauve qui peut d'avoir existé.