Quand Kuru s'attaque au Voici Japonais, tout est possible !

«Scandale» est un film plutôt méconnu dans la monstrueuse filmographie du Maître, réalisé en 1950, on retrouve avec bonheur la fine équipe. C'est déjà la 4ème collaboration de notre trio infernal composé de Kurosawa, Mifune et de Shimura qui depuis qu'ils sont réunis tapent toujours justes.

Toujours en période d'après guerre, nous faisons la connaissance d'un peintre atypique qui apprécie la moto pour son insolence. En peignant une montagne, il fera la connaissance d'une jeune chanteuse perdue qu'il finira par raccompagner à l'hôtel dans lequel lui aussi séjourne.
Après un bon bain, nos tourtereaux potentiels discutent sur une terrasse de choses et d'autres...

J'arrête volontairement mon résumé de l'histoire un instant, car à ce moment là, on peut croire qu'une comédie romantique se dessine sous nos yeux, c'est en réalité tout l'inverse. Des paparazzis qui suivaient la célèbre chanteuse, ont pris des photos de cette scène sur la terrasse, et vont ainsi extrapoler une liaison à partir de ces clichés.
Seulement notre peintre déteste le mensonge et l'injustice et décide donc de porter plainte, c'est alors qu'un mystérieux avocat vient lui rendre visite pour lui proposer son aide...

Celui que j'aimerais mettre en avant dans cette critique cette fois ci, c'est Takashi Shimura. Véritable caméléon depuis le départ, toujours présent dans la filmographie de Kuro. Il est passé avec une aisance qui impose le respect à médecin grincheux et alcoolique à gynécologue soucieux de son fils puis à un commissaire attachant qui prend son boulot à coeur. Cependant il y avait cependant une constante qui ne variait pas, ces personnages étaient forts et imposaient le respect. A l'exception du film du jour dans lequel il se glisse avec une telle justesse dans ce rôle d'avocat faible, pathétique, misérable, plus que de la pitié, je l'ai trouvé touchant.

Kurosawa dépeint avec adresse un sujet plus que présent de nos jours, le milieu hostile de la presse à scandale prêt à tout pour dénicher un scoop quitte à mentir et diffamé. Bien représenté par un patron dénué de scrupules et s'amuse même à l'idée d'un procès qui ne ferait qu'augmenter les ventes de son journal. Mais ce qui est le plus surprenant c'est la façon dont il a fait tourner une apparente comédie légère en drame moral et social. En alternant ses deux personnages principaux mettant le peintre campé par Mifune en retrait laissant place à la souffrance de notre avocat. Il ouvre une brèche plus profonde, celle d'un homme acculé succombant à ses vices qui se bat contre lui même, contre sa faiblesse qui le fait se détester. «Scandale» pour son esthétisme, ses acteurs hors du commun et la triste mélancolie qui s'en dégage, gagne sérieusement à être connu.
Kobayashhi
7
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Cet utilisateur l'a également ajouté à ses listes Akira Kurosawa le génie du cinéma Japonais ! et Toshiro Mifune-Sama !

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le 18 août 2013

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