J'en ai marre d'écrire des critiques sérieuses alors je vais juste essayer de transposer l'état d'agacement blasé dans lequel ce film m'a plongée. Je n'avais pas vraiment d'à priori, mis à part ma hâte de découvrir un nouveau rôle d'Al Pacino, acteur que j'apprends à apprécier malgré mon peu d'attirance pour le genre des films dans lesquels il joue. Pour cela je n'ai pas été déçue, et c'est entre autres grâce à sa performance que j'ai réussi à tenir jusqu'à la fin. L'autre bonne raison a été la scénographie magnifique, j'avais l'impression de découvrir de nouvelles nuances de lumière à chaque scène, du rose, du bleu, du vert qui se reflètent sur les costumes, les visages, les cheveux... On en prend vraiment plein les yeux. Il en va de même pour l'exubérance des décors et tous les cascadeurs dans les scènes violentes. Ce qui m'a vraiment empêché d'adhérer au film, ce sont les personnages et le scénario. J'ai compris que c'était l'histoire de Tony qui part de rien, qui y va au culot, qui devient un baron de la drogue et qui finit par se griller les ailes à vouloir briller sous les projecteurs (coucou Orel). La montée fulgurante - le fric, le pouvoir et les femmes - la chute et la solitude. Tout ça est d'ailleurs une vaste caricature de ces idéaux, d'où les personnages tous absolument détestables. Mais quand on passe 3h à suivre un gros minable pour lequel on n'arrive pas à avoir d'empathie (et pourtant c'est pas ce qui me manque), on aurait peut-être envie qu'il se fasse descendre un peu plus vite. Je mets quand même 7 dans la mesure où c'est compliqué de faire autrement quand on fait un film sur un anti-héros, et je pense que voir le film en ayant un peu ce côté satirique du too much en tête ça aiderait à l'apprécier. J'en sais rien, faites l'expérience, moi j'ai déjà donné.